Great balls of fire

Great Balls of FireIl y avait au moins deux raisons d’attendre ce film avec impatience. D’abord, si Buddy Holly et Elvis Presley ont eu leur film-biographie, pourquoi pas Jerry Lee Lewis, je vous le demande ? Ensuite, parce qu’on sait que Jim McBride est sérieusement allumé (remember «The bigeasy») la rencontre entre les deux devait faire des étincelles, que dis-je, d’énormes boules de feu! Titre magnifique, justifié par la scène où le rocker merle feu à son piano… Dennis Quaid, tignasse blonde et accent sudiste, est génial dans ce rôle, pour lequel Lewis lui-même lui a appris à jouer du piano. Ceci commence donc en classique «true story». Passionné de musique, Jerry Lee débarque à Memphis et devient le nouveau poulain de Sam Phillips, le patron de Sun Records, tout heureux de trouver un remplaçant à Elvis. Triomphe immédiat, tube et hit-parade, tournées.., et patatras ! La révélation naïve de ses noces avec sa cousine Myra, treize ans, et c’est la catastrophe dont il ne se remettra jamais. A cette Amérique qui brûlera bientôt les disques des insolents Beatles, il faut un bon garçon, respectueux de l’ordre et de la morale, un Elvis. Et puis les sermons du prêcheur réac Jimmy Swaggan, dont on apprend ici qu’il est le cousin de Jerry Lee! Tout le film est d’ailleurs un parallèle entre ces cousins ennemis, qui se termine sur une note optimiste Jerry Lee est bel et bien irrécupérable.

Une saison blanche et sèche

Une saison blanche et sècheL’Afrique du Sud. L’apartheid. La première réaction est de se dire qu’on a déjà fait le tour de la question. Après «Un monde à part», que dire de plus? C’était compter sans Euzhan Palcy, la réalisatrice de l’émouvant «Rue Cases-Nègres», sans sa sincérité brûlante. Sans Donald Sutherland, en professeur bien-pensant qui va prendre conscience de l’insupportable injustice qui l’entoure. Sans Marion Brando composant un numéro d’avocat pachydermique, revenu de tout, égal à Orson Welles ou à Charles Laughton. Et puis on a beau lire les journaux, regarder les reportages, savoir ce qui se passe là-bas… avec «Une saison blanche .et sèche», on a soudain l’impression d’y être. Tel est le pouvoir du cinéma. Cet être-là, en 1976, on manifeste à Soweto. Les écoliers noirs se font massacrer par la police, les arrestations arbitraires et les tortures se multiplient. Benjamin Du Toit (Sutherland), un Afrikaner bien élevé, vivant dans le confort, découvre, à travers les malheurs de son jardinier indigène, toutes ces atrocités. Le processus est prévisible : d’abord incrédule, il se range par idéalisme du côté des persécutés, se coupant peu à peu des siens, de ses amis et de sa famille, effrayés par cet itinéraire suicidaire dans un pays où les Blancs se considèrent en état de guerre. Seul, son jeune fils le suivra : c’est la note d’espoir d’un film dur, remarquablement maîtrisé d’un bout à l’autre.

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