Class 89

Class 89  « Class 84 », de Mark Lester, avait beaucoup surpris par son sens aigu de l’ambiguïté, une acuité quasi-androgynique de l’ambivalence des valeurs qui régissent « l’american teenaging ». Difficile de faire mieux dans le genre, et pourtant, le pari de Larry Gross, déjà ce auteur de «48 heures » et de « Streets of tire» (tous deux de Walter Hill), est presque réussi. Tout d’abord, une intrigue-silicone, conçue par strates. Jeff, appartenant à la dure bande des Cobra, tente en vain d’empêcher un crime ridicule commis par Cinco, le chef de bande et son ami. Il jette à terre son blouson de cuir, complètement désolidarisé. Un an plus tard, il continue ses études dans la high school rackettée par les Cobra. Une opération de police inopportune, l’amour de sa vie, la vengeance de Cinco, le triomphe des gentils, tout ça fait qu’on s’ennuie sans vraiment jamais bâiller. Quelques scènes réveillantes dans le blabla confusique, telle le tabassage fémino-punkiste d’une brunasse à rondeurs amoureuse du héros, ou encore le coup de poing final infligé à René Auberjonois, prédicant passéiste d’un passé sur-généré. Les maladresses du scénario, littéralement téléphoné, sont rattrapées in extremis par l’intelligence de la mise en scène et la bonne volonté des comédiens, tous parfaits. En résumé, un film à voir avec des lycéens du Cantal, parce que ces choses-là, hein, c’est quand même pas chez nous que ça arriverait…

Pacte avec un tueur

Pacte avec un tueur Un superbe scénario signé Larry Cohen (lui-même réalisateur de films comme « Le monstre est vivant » ou « Meurtres sous contrôle »). Un flic, jadis grièvement blessé dans un hold-up, a consacré à sa douloureuse aventure, un livre devenu un best-seller. En mal d’inspiration, il reçoit la visite d’un des truands qui participa jadis au hold-up, pour le compte d’un grand industriel. Aujourd’hui, l’homme de main est prêt à tout raconter. Résistant à la tentation de l’arrêter, le policier commence à recevoir sa confession. Entre les deux hommes, s’établit peu à peu un rapport de haine et d’admiration réticente. Mais le riche industriel n’est pas disposé à laisser parler son ancien homme de main. La violence monte rapidement. John Flynn a su installer un rapport, dramatiquement et psychologiquement, fort entre les deux hommes avant de plonger complètement dans l’action. On connaissait le génie tourmenté de l’acteur James Woods. Mais « Pacte avec un tueur » permet de confirmer la diversité de talent d’un comédien qu’on a trop souvent cantonné aux emplois de brutes épaisses (« Rambo » ou « Gorky park ») Brian Dennehy. Dennehy s’offre une séduisante et subtile composition dans » Pacte pour un tueur ».

Neige sur Beverly Hills

Neige sur Beverly Hills On comprend vite de quelle neige il s’agit, vu que le climat de Los Angeles n’est pas programmé pour blanchir les villas et les piscines paradisiaques de ses beaux quartiers. La poudre blanche mortelle est donc le nœud de cette histoire où des jeunes gens de bonne famille, qui avaient tout pour être heureux, la fortune, la beauté, l’intelligence, plongent dans l’enfer de la toxicomanie. Tandis que Clay est parti étudier dans une université de la côte Ouest, son meilleur ami, Julian, réalise son rêve : s’offrir un studio d’enregistrement. Leur égérie commune, Blair, se lance dans une carrière de top mode). En l’absence de Clay, Julian et elle deviennent amants et goûtent à la coke. Très vite, ils sont accros. Julian est à la merci d’un dealer, prêt à tout pour avoir sa dose. Blair lance un SOS à Clay qui rentre alors de la fac, se rend compte de l’état de ses amis et décide de les sauver. La description du milieu privilégié de Beverly Hills est évidemment le gros morceau du film de Marek Kanievska. Malheureusement, l’interprétation est quelconque, les personnages ne sont jamais attachants, et le scénario cousu de trop grosses ficelles pour «qu’on y croie. Dommage…

La bamba

La bambaCalifornie, années 50. Richard Valenzuela, seize ans, travaille à la cueillette des fruits avec sa mère. Son demi-frère, Bob, sort de prison. Fou de musique, Richard entre dans le groupe des Silhouettes, puis entame une carrière solo lorsque Bob Keene, directeur de Del Fi Records, lui fait enregistrer son premier disque sous le nom de Ritchie Valens. Alors que Bob sombre dans l’alcoolisme et la violence, Ritchie gravit les marches de la gloire et devient une star internationale en interprétant, à sa manière, un classique du folklore mexicain «La bamba ». Une carrière fulgurante, interrompue le 3 février 1959 dans un accident d’avion. Produite par Taylor Hackford (« Officier et gentleman », « Soleil de nuit »), cette biographie d’une des gloires du rock vaut avant tout par la qualité de ses interprètes et l’authenticité qui s’en dégage. Cette histoire de Chicanos ne doit rien aux Blancs et rend à un peuple exploité son rôle novateur dans la musique de rock n’ roll (la musique interprétée par Los Lobos est superbe). Les fans de rock s’y retrouveront, les autres aussi. Car «La bamba » est plus encore l’histoire d’une famille, et la relation émouvante entre deux frères qui, séparés par le destin, continuent de s’adorer.

ET, l’extra-terrestre

ET, l'extra-terrestreLaissez venir à moi les petits enfants. Je meurs et je ressuscite… Par tout un tas d’indices et de détails, le scénario d’ « E.T. », d’après une idée originale de Spielberg et rédigé par Melissa Mathison, est fortement inspiré par la vie du Christ et la Bible. Mais les grands mythes et contes sont éternels. Le grand talent de Spielberg est d’avoir modernisé la fable et construit une légende contemporaine, à la fois mélodramatique et exemplaire, sur la compréhension et la tolérance à l’égard de l’autre. Pour aimer «ET. », il faut vraiment mettre son esprit critique au vestiaire et enfiler sa naïveté d’enfant. Car, mise à plat, l’intrigue est vraiment… cucul. Mais Spielberg est un sacré conteur. Il l’avait déjà prouvé avec « Duel » ou « Rencontres du troisième type ». Dans ET, l’extra-terrestre, il impose son style lumières et brumes dans la nuit, banlieue résidentielle, pureté de l’enfance, créature « alien » à vous faire fondre de tendresse, répression du monde adulte et humour-clin d’œil (la rencontre de la petite sœur avec ET., ou la découverte des divers objets de la maison par l’extra-terrestre). « E.T. », c’est du Spielberg. On aime ou on n’