Les envoûtés

Ecrire sur ce film, c’est comme plonger une fois de plus dans le cauchemar. Prendre .la cassette .des «Envoûtés» entre les mains, c’est tomber sous le pouvoir d’un des films les plus angoissants réalisés ces dernières années. C’est surtout entrer dans le monde fascinant de la «santeria» grâce à la caméra de John Schlesinger, colossal metteur en scène de «Loin de la foule dé -.chaînée », «Macadam cow-boy», «Un dimanche comme les autres», «Marathon man», «Le jeu du faucon», etc. «On estime qu’il y a trois millions d’Américains qui pratiquent la santeria, explique Schlesinger, dont 250 000 rien qu’à New York. Les origines de cette croyance viennent de la religion Yoruban du Nigeria, mais les esclaves ont associé leurs anciens dieux aux saints catholiques lorsqu’ils ont débarqué en Haïti, à Cuba, en Jamaïque et en Amérique centrale». Dans l’esprit des croyants («The believers » est le titre anglais), cette foi est bienveillante et permet d’appeler les forces surnaturelles pour guérir le mal et soulager l’esprit des terreurs du monde actuel. Mais comme chaque système de croyance, il peut être détourné à des fins destructrices. C’est ce que va vite comprendre Cal Jamison, un psychologue fraîchement débarqué avec son fils à New York après que sa femme soit morte d’un stupide accident (?) domestique. Ses principaux clients sont des flics qui souffrent de stress. Ce n’est pas le cas de John Lopez, un jeune détective découvert tremblant et hagard- dans un cinéma abandonné. Transformé en sanctuaire primitif, cet endroit est un lieu de sacrifice où l’on retrouve le cadavre… d’un enfant. Pour Cal, c’est la plongée dans les bas-fonds d’Est Harlem, mais aussi dans les arcanes du pouvoir, où la frontière entre un passé barbare et un présent rationnel est abolie. «Comme le héros, je suis catholique, je suis un père attentif, quelqu’un qui respecte les croyances des autres, mais refuse le surnaturel », confie Martin .Sheen, excellent dans le rôle de Cal. Avec lui, nous ne voulons pas entrer dans la facilité du surnaturel à coups d’effets spéciaux. Schlesinger l’a bien compris qui, incidemment, envahit nos propres neurones, nous persuadant bientôt de la force «naturelle» de la santeria et nous laisse pantois, à bout de souffle, envoûtés. Autant vous dire tout de suite qu’il n’y a aucune explication rationnelle au fait que «Les envoûtés» n’ait pas été une grande réussite lors de sa sortie en salle. Un metteur en scène de renom, des acteurs de choix, une histoire captivante, une mise en image soignée pour un suspense haletant. Peut-on imaginer qu’une malédiction «santérienne» ait agi sur le bouche à oreille? Le seul moyen de le savoir est de louer la cassette (voir chronique dans Sélection K7). S’il vous arrive des choses étranges après avoir visionné le film, nous déclinons toute responsabilité Tiens, j’ai une drôle de chose qui pousse sur ma joue. A bientôt de vous envoûter…

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