Le commerce de la vidéo

La baisse de la TVA sur les vidéocassettes va être bientôt effective. Le président de la Chambre syndicale de l’édition que vous êtes ne va-t-il pas se retrouver au chômage bientôt?
Pas exactement (rires). Il est vrai que la baisse de la TVA était la principale revendication de la Chambre syndicale. Mais notre travail ne s’arrête pas là. Cette décision va dans le bon sens, mais ne suffit pas. Nous demandons toujours un alignement de la taxe sur le taux réduit de 7 %, qui doit passer par ailleurs à 5,5 % en vigueur pour les films distribués en salle ou diffusés à la télévision. Cette mesure aurait l’avantage de relancer totalement le marché, mais aussi de créer un fonds de soutien à la production française, qui permettrait à celle-ci d’avoir de nombreux moyens et de mieux se battre face aux productions américaines. De toute façon, l’alignement me paraît inéluctable à plus ou moins long terme. L’exemple du disque est significatif pour aller dans ce sens.

Il faut rappeler que la Chambre syndicale a d’autres missions qui ne sont pas à négliger.

L’autre grande mission concerne la hiérarchie de diffusion des films. Il faut que la vidéo trouve une place suffisante entre la sortie en salle et la diffusion sur Canal + Nous cherchons un consensus de tous les médias pour que chacun d’entre eux ait le temps d’exploiter les films sans qu’il y ait de dérapages, de chevauchements. Le problème vient à la fois de la réglementation, des producteurs en amont et d’autres aspects plus historiques. Un rééquilibrage économique est donc à souhaiter.

Comment pensez-vous que va se répercuter la baisse de la TVA sur les vidéocassettes à la location ou à la vente ?

Il y a avant tout un vrai problème au niveau de l’édition, qui va pouvoir reconstituer ses marges de vente. Je ne crois pas qu’il y aura de changements des tarifs de location. Il faut d’abord éviter que les vidéoclubs, qui ne sont pas toujours très florissants, disparaissent comme ça se passe en ce moment pour les salles de cinéma. En ce qui concerne la vente, en vidéoclubs ou en grandes surfaces, la politique de lancement des produits et des prix est encore trop anarchique pour que l’effet de la baisse soit vraiment significatif.

Pensez-vous que le marché soit parti sur de nouvelles bases ?

On peut dire que c’est un peu l’an 1 de la vidéo. Le réseau traditionnel a mangé son pain noir, et les vidéoclubs qui ont résisté vont pouvoir repartir de l’avant. Pour tout le monde dans le métier, la période la plus dure semble être passée. Le nouveau lancement du marché va d’abord réunir les éditeurs qui vont reconstituer leurs marges, avoir plus d’ambition pour leurs produits et impliquer tous les vidéoclubs, réseau indispensable de distribution. Tout cela devra s’accompagner d’une relance promotionnelle auprès du public, qui va découvrir ou redécouvrir les avantages de la vidéo. Il faut rappeler aux gens qu’un magnétoscope ne sert pas qu’à enregistrer les chaînes de télévision.

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