Interview

Une réflexion en passant : la vidéo a mauvaise réputation à cause des films X, alors qu’il n’y a pas une chaîne de télévision qui ne diffuse de l’érotisme et même des films pornographiques, comme Canal +.
Que pensez-vous de la récente crise de l’audiovisuel ?
Si le paysage audiovisuel doit s’organiser différemment dans son ensemble, il faut aussi que chaque média s’organise de l’intérieur. Il y a eu de tels bouleversements en ce qui concerne la télévision, qu’il faut que les chaînes privées et publiques arrivent à cohabiter dans un réel équilibre, en ayant chacune ses objectifs. Je suis pour la complémentarité.
Je vous demande maintenant de réagir en tant que patron d’UGC Vidéo.

Comment voyez-vous l’évolution du marché qui est en pleine mutation actuellement ?
Nous soutenons toujours le réseau des vidéoclubs et nous ferons tous les efforts en ce sens. La cohabitation entre la location et la vente est logique et possible. Il suffit de regarder dans tous les pays où la vidéo a une place de choix, et en particulier en Amérique du Nord, pour en avoir une parfaite illustration. UGC Vidéo, va poursuivre ses expériences en matière de vente et même les intensifier à partir de la fin de l’année, en poursuivant parallèlement sa politique de nouveautés avec les vidéoclubs. Pour la vente, nous avons un catalogue de 600 à 700 films prêts à passer sur ce marché. Et je souhaite vivement que les vidéoclubs participent, eux aussi, au développement de la vente.
UGC Cinéma produit et distribue un certain nombre de films chaque année qui sortent, après, en vidéo chez des éditeurs très différents.

Pourquoi UGC Vidéo n’a pas la priorité sur ces programmes, généralement de très bonne qualité ?
C’est très simple. Nous respectons l’autonomie de chaque département. A prix égal, UGC Vidéo a la priorité à l’achat, mais il y a des produits qui ne nous intéressent pas ou encore qui nous paraissent trop chers pour une bonne rentabilité. Cette politique ne nous empêche pas, à notre tour, d’aller acquérir des droits vidéo de films produits, tout ou en partie, par d’autres sociétés. « La vie est un long fleuve tranquille » en est un parfait exemple. Dans un groupe comme le nôtre, il ne faut pas avoir d’attitude monolithique.
Que pensez-vous de certaines opérations de vos confrères qui lancent des produits en même temps dans le réseau des vidéoclubs et dans celui des grandes surfaces ?
Pourquoi pas ? Sur un plan commercial, tout est possible. Je trouve l’idée intéressante dans certains cas. A UGC Vidéo, nous n’avons pas encore pris ce genre de décisions parce que nous tenons à respecter la particularité des vidéoclubs. Il est difficile de tomber dans des contradictions de prix pour le même produit selon le mode de distribution.
En conclusion, quelles opérations pensez-vous lancer pour que la vidéo connaisse un nouveau boom ?
Du point de vue de la Chambre syndicale, nous avons porté tous nos efforts de promotion sur le problème fiscal. Après le demi-succès de la baisse de la TVA à 18,6%, les éditeurs paraissent plus optimistes qu’il y a six ou sept mois, même s’ils restent très prudents. Ces bases étant fixées, chacun des éditeurs devra intensifier ses propres opérations de promotion en complément de campagnes globales gérées par la Chambre syndicale. Ne vous inquiétez pas, nous en discutons beaucoup et l’on peut s’attendre à de belles opérations d’ici la fin de l’année.

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