Fréquence meurtre

Fréquence meurtre  Pour son premier film, Elisabeth Rappeneau s’est offert un thriller à l’atmosphère anglo-saxonne et le portrait d’une femme en danger. En adaptant le roman noir » Radio panique » de l’Américain Stuart Kaminsky, elle a privilégié les rapports psychologiques, à travers la peur et le suspense. Jeanne Quester est une femme très active : médecin dans un service d’urgence psychiatrique, le jour, et animatrice d’une émission de radio aidant les auditeurs à résoudre leurs problèmes, la nuit. Tout va bien pour Jeanne, jusqu’au jour où ressurgit un fantôme enfoui dans l’enfance : un tueur fou qui assassina jadis ses parents. La vie de Jeanne tourne au cauchemar, et son inébranlable équilibre psychologique commence à vaciller. Deneuve assume le personnage avec un formidable mélange de force et de fragilité. Elle exprime parfaitement cette force en Mouvement qui lui permet de ne pas se laisser envahir par ces zones qui risquent de la mettre, psychologiquement, en péril. Grâce à elle, on croit à ce Grand-Guignol dont le coup de-théâtre se révèle, somme toute, assez simpliste. Catherine Deneuve aurait été une magnifique héroïne hitchcockienne.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. La Fontaine avait raison. Quatre mois, c’est le temps qu’il nous a fallu pour tirer les vers du nez des six chaînes de télévision française. Dès le mois de juillet, nous avons voulu savoir lesquelles d’entre elles allaient, nous proposer des émissions de charme à la rentrée. Blocus. « Top secret », nous a-t-on déclaré au début de notre enquête. « Rappelez plus tard », avons-nous entendu durant tout l’été. Le sacro-saint Audimat avait encore frappé. Les grilles de rentrée étaient classées « confidentiel-défonce ». Tant de discrétion nous laissait présager d’heureux événements. .La saison télévisée 88-89 allait-elle coïncider avec l’avènement de l’érotisme sur petit écran ? Le mois d’octobre arriva. La bourrasque de la rentrée était passée. N’ayant plus rien à cacher, les chaînes nous ont ouvert leurs portes. De TF1 à M6, nous les avons toutes rencontrées. Quoi de neuf côté charme ? A vrai dire, pas grand chose… Les émissions qui existaient déjà l’année passée renaissent de leurs cendres. Seule M6, tant décriée par certains, tape du poing dans le Paf (lire l’interview de Thierry Cassuto). Trois de nos six chaînes ont des créneaux réservés au charme. Les autres attendent. Antenne 2 se veut branchée. FR3 relance la « Série rose » dans un an. Et La 5 préfère que le futur CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) décide de son devenir avant de prendre des initiatives mort-nées. Qui vivra verra… Assurément, si la théorie « wait and sec » est valable, pour le journaliste, elle peut aussi s’appliquer aux chaînes de télévision, mais surtout, et à leurs dépens, aux téléspectateurs.

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