Dernière sortie pour Brooklyn

Dernière sortie pour BrooklynGeorgie dit Georgette, à mi-chemin entre le travelo barjo et le junkie à vie ; Tralala la pute, vénale et paumée à souhait, Harry Black, meneur de grève qui préfère la croupe des garçons à celle de sa femme : sortis tout droit du best-seller d’Hubert Selby publié il y a plus de vingt-cinq ans, ils sont au centre de l’adaptation cinématographique qui nous est ici proposée. Hélas, comme dans de si nombreuses transpositions de récits cultes, l’auteur — et surtout le spectateur — est loin d’y trouver son compte. Structure narrative et montage vacillants, mise en scène dépourvue de toute originalité, clichés se bousculant au portillon (certaines répliques frisent le ridicule), peu de choses restent à sauver dans cette entreprise a priori intéressante. D’un récit où le glauque côtoyait étroitement (et habilement) le sublime, le réalisateur en a tiré un film d’où ne ressort que le côté sordide et désincarné des personnages. L’émotion a disparu en chemin, l’intérêt éprouvé par le spectateur aussi…

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amantUn voleur violent, grossier et mégalomane fréquente régulièrement le restaurant qu’il s’est offert, en compagnie de sa femme et de ses hommes de main. A sa tête, un cuisinier français qui, fort de son talent et de sa roublardise, échappe avec intelligence aux foudres de son -, patron. Il devient même le complice de la femme du voleur qui rejoint à la moindre occasion son amant, un homme doux et cultivé rencontré dans… les toilettes du fameux restaurant. Ce résumé, quelque peu simpliste, n’est que la base d’une histoire tour à tour dérangeante, envoûtante, surprenante, avec, pour objet central, le corps humain violent et érotique qui dévore, rote, urine, copule, vomit et saigne. Si Greenaway fait référence aux tragédies classiques, son film nous rappelle, par son outrance et sa philosophie du jusqu’au-boutisme à la fois destructrice et salvatrice, les maîtres italiens comme Fellini, Pasolini et Ferreri. Il faut saluer l’exceptionnelle prestation des comédiens qui évoluent dans un décor et dans des costumes (signés Jean-Paul Gaultier) fantastiques, dans tous les sens du terme. On pourrait vous parler longuement de ce film très fort et très particulier (voir interview de Richard Bohringer), comme vous le ferez sûrement après l’avoir vu. Vite, très vite…

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