Class 89

Class 89  « Class 84 », de Mark Lester, avait beaucoup surpris par son sens aigu de l’ambiguïté, une acuité quasi-androgynique de l’ambivalence des valeurs qui régissent « l’american teenaging ». Difficile de faire mieux dans le genre, et pourtant, le pari de Larry Gross, déjà ce auteur de «48 heures » et de « Streets of tire» (tous deux de Walter Hill), est presque réussi. Tout d’abord, une intrigue-silicone, conçue par strates. Jeff, appartenant à la dure bande des Cobra, tente en vain d’empêcher un crime ridicule commis par Cinco, le chef de bande et son ami. Il jette à terre son blouson de cuir, complètement désolidarisé. Un an plus tard, il continue ses études dans la high school rackettée par les Cobra. Une opération de police inopportune, l’amour de sa vie, la vengeance de Cinco, le triomphe des gentils, tout ça fait qu’on s’ennuie sans vraiment jamais bâiller. Quelques scènes réveillantes dans le blabla confusique, telle le tabassage fémino-punkiste d’une brunasse à rondeurs amoureuse du héros, ou encore le coup de poing final infligé à René Auberjonois, prédicant passéiste d’un passé sur-généré. Les maladresses du scénario, littéralement téléphoné, sont rattrapées in extremis par l’intelligence de la mise en scène et la bonne volonté des comédiens, tous parfaits. En résumé, un film à voir avec des lycéens du Cantal, parce que ces choses-là, hein, c’est quand même pas chez nous que ça arriverait…

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