ET, l’extra-terrestre

ET, l'extra-terrestreLaissez venir à moi les petits enfants. Je meurs et je ressuscite… Par tout un tas d’indices et de détails, le scénario d’ « E.T. », d’après une idée originale de Spielberg et rédigé par Melissa Mathison, est fortement inspiré par la vie du Christ et la Bible. Mais les grands mythes et contes sont éternels. Le grand talent de Spielberg est d’avoir modernisé la fable et construit une légende contemporaine, à la fois mélodramatique et exemplaire, sur la compréhension et la tolérance à l’égard de l’autre. Pour aimer «ET. », il faut vraiment mettre son esprit critique au vestiaire et enfiler sa naïveté d’enfant. Car, mise à plat, l’intrigue est vraiment… cucul. Mais Spielberg est un sacré conteur. Il l’avait déjà prouvé avec « Duel » ou « Rencontres du troisième type ». Dans ET, l’extra-terrestre, il impose son style lumières et brumes dans la nuit, banlieue résidentielle, pureté de l’enfance, créature « alien » à vous faire fondre de tendresse, répression du monde adulte et humour-clin d’œil (la rencontre de la petite sœur avec ET., ou la découverte des divers objets de la maison par l’extra-terrestre). « E.T. », c’est du Spielberg. On aime ou on n’aime pas. Mais on ne peut pas lui nier son originalité et son efficacité.

Les envoûtés

Les envoutésÇa faisait longtemps qu’on ne nous avait pas offert de frissons aussi jouissifs, répulsifs et bizarrement essentiels ! Que les âmes sensibles s’abstiennent parce que quelques scènes, à base d’araignées ou de sang, sont soigneusement conçues par John Schlesinger pour venir à bout des fragilités psychologiques ! En vidéo, « Les envoûtés » demande une préparation spéciale : tamiser les lumières, chasser les intrus trop bavards, se préparer une collation (les grandes émotions creusent l’appétit) et un bon whisky. « Les envoûtés » frappe sur le même registre que » La maison du Diable » ou « L’exorciste » : le frisson à l’état pur. Un brave père de famille, psychiatre de profession, dont l’épouse vient de mourir dans un stupide accident ménager, s’installe à New York, avec son fils de sept ans, pour tout oublier. Mais une enquête sur une série de meurtres, aussi étranges que sauvages, lui fait vite découvrir que, derrière les façades ultra modernes de la mégalopole quasi-futuriste, se cache un monde, à la limite du surnaturel, où le passé dans toute sa barbarie tient une place importante. Au-delà du jeu de la peur et de la description de sectes maléfiques, le réalisateur de « Macadam cow-boy » ou de « Marathon man », Anglais d’origine, s’offre une nouvelle fois une peinture sans complaisance de l’Amérique, continent et civilisation sur lesquels il porte le regard implacable de l’étranger.

Elmer, le remue-méninge

Elmer, le remue-méninge  Frank Henenlotter nous avait déjà offert « Frères de sang », film réalisé avec trois bouts de pellicule, mais débordant de drôlerie et d’invention, racontant les sanglantes mésaventures d’un brave jeune homme transportant sa fausse-couche de frère jumeau meurtrier dans un panier d’osier. Avec un budget légèrement plus copieux, « Elmer le remue-méninges » reprend le même genre de rapports de dépendance entre innocent et monstre. Un brave jeune homme reçoit un jour la visite, dans son cerveau, d’un drôle de ver qui lui fait découvrir les paradis artificiels en lui ingurgitant un liquide entre les neurones. Très vite, l’hôte humain devient dépendant de cette drogue et doit se soumettre à la volonté de son parasite qui se révèle très gourmand de cervelles humaines. Dès lors, les victimes tombent comme des mouches… Frank Henenlotter s’amuse comme un petit fou à offrir en pâture à son grand mangeur de cervelles, nommé Elmer, les personnages les plus incongrus et les plus antipathiques. Le gore devient un vrai régal grâce à l’humour. Une incongruité sur pellicule, qui vaut largement le détour !

Stepfather

StepfatherJerry Blake aime la vie de famille, mais il veut une famille qui soit « parfaite ». Si elle ne l’est pas, notre bon père, au sourire enjôleur, se met à la décimer avec une rage froide. Ayant fait table rase de son passé, il peut alors chercher une nouvelle épouse et recommencer à zéro. Mais cette fois, sa belle-fille de seize ans lui donne du fil à retordre. Sur un scénario de Donald Westlake, l’homme qui a ridiculisé la Mafia dans une dizaine de romans hilarants, le réalisateur Joseph Ruben (auteur de l’étonnant « Drearnscape ») a signé une farce sanglante et macabre dont l’adage pourrait être « Familles je vous aime et je vous hais ». Le beau-père aime en effet sa famille jusqu’à la vouloir pour lui seul et la hait assez pour la trucider à l’arme blanche. D’un air de rien, avec la complicité de Westlake, Ruben règle ses comptes avec l’image aseptisée de la famille américaine, fait un clin d’œil au Hitchcock de « L’ombre d’un doute » et joue’ de la terreur avec un art consommé. Un régal, mais à déconseiller aux cœurs sensibles.