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26 fév

Johnny belle gueule

Posted in Mes écrits on 26.02.15

Johnny belle gueuleJohnny Handsome (c’est-à-dire «Johnny belle gueule»), est un être sensible, d’une laideur monstrueuse. C’est aussi un as de la cambriole. Il organise un casse qui tourne très rapidement au massacre. En prison, Johnny se voit offrir un nouveau visage par un chirurgien. Une nouvelle vie s’ouvre à lui. Mais Johnny pourra-t-il oublier ceux qui l’ont trahi et renoncer à sa vengeance? Cet argument original est dû à John Godey (l’auteur des «Pirates du métro»), et Walter Hill était tout désigné pour tourner ce polar qui, bien que prenant des allures de fable, commence et se termine de façon plutôt musclée. Mickey Rourke fait une formidable composition et se montre plus sobre qu’à son habitude. Alors, un chef-d’œuvre? Hélas, non! Au milieu, Walter Hill s’endort et laisse son récit prendre un rythme de berceuse. Dommage ! Car le début et la fin sont vraiment très efficaces.

Les Indians

Les IndiansDepuis 1954, l’équipe de base-ball des Indiens de Cleveland n’a pas remporté la moindre coupe et les gradins du stade sont de plus en pus déserts. Pour arranger le tout, le propriétaire du club vient de mourir et l’a légué à sa veuve, une ancienne danseuse qui ne rêve que d’une chose que les Indiens finissent bons derniers afin qu’elle puisse s’installer à Miami. Pour atteindre son démoniaque objectif, elle engage les pires joueurs disponibles. II y a un réceptionneur qui souffre des genoux (Tom Berenger), un débutant au lancer meurtrier qui sort ce prison (Charlie Sheen), un play-boy qui plonge en protégeant son visage car il tourne dans des spots TV (Corbin Bernsen), un black fonceur et frimeur qui danse en tapant dans la balle (Wesley Snipes — une découverte) et un adepte des pratiques vaudou qui n’hésite pas à sacrifier un poulet dans son armoire de vestiaire (Dennis Haysbert). Tous ces branquignoles n’ont qu’une chance de s’en sortir sur le terrain et… dans la vie : gagner. Après «Le meilleur», «Duo à trois» et «Jusqu’au bout du rêve», ce quatrième film sur le base-ball, qui nous arrive des États-Unis. a pour principal atout, un humour qui décoiffe et fait souvent mouche. Le scénario est classique, mais les acteurs sauvent très honorablement les meubles. Du bon divertissement, simple et efficace. Même si l’on ne comprend strictement rien au base-ball…

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15 fév

Great balls of fire

Posted in Mes écrits on 15.02.15

Great Balls of FireIl y avait au moins deux raisons d’attendre ce film avec impatience. D’abord, si Buddy Holly et Elvis Presley ont eu leur film-biographie, pourquoi pas Jerry Lee Lewis, je vous le demande ? Ensuite, parce qu’on sait que Jim McBride est sérieusement allumé (remember «The bigeasy») la rencontre entre les deux devait faire des étincelles, que dis-je, d’énormes boules de feu! Titre magnifique, justifié par la scène où le rocker merle feu à son piano… Dennis Quaid, tignasse blonde et accent sudiste, est génial dans ce rôle, pour lequel Lewis lui-même lui a appris à jouer du piano. Ceci commence donc en classique «true story». Passionné de musique, Jerry Lee débarque à Memphis et devient le nouveau poulain de Sam Phillips, le patron de Sun Records, tout heureux de trouver un remplaçant à Elvis. Triomphe immédiat, tube et hit-parade, tournées.., et patatras ! La révélation naïve de ses noces avec sa cousine Myra, treize ans, et c’est la catastrophe dont il ne se remettra jamais. A cette Amérique qui brûlera bientôt les disques des insolents Beatles, il faut un bon garçon, respectueux de l’ordre et de la morale, un Elvis. Et puis les sermons du prêcheur réac Jimmy Swaggan, dont on apprend ici qu’il est le cousin de Jerry Lee! Tout le film est d’ailleurs un parallèle entre ces cousins ennemis, qui se termine sur une note optimiste Jerry Lee est bel et bien irrécupérable.

Une saison blanche et sèche

Une saison blanche et sècheL’Afrique du Sud. L’apartheid. La première réaction est de se dire qu’on a déjà fait le tour de la question. Après «Un monde à part», que dire de plus? C’était compter sans Euzhan Palcy, la réalisatrice de l’émouvant «Rue Cases-Nègres», sans sa sincérité brûlante. Sans Donald Sutherland, en professeur bien-pensant qui va prendre conscience de l’insupportable injustice qui l’entoure. Sans Marion Brando composant un numéro d’avocat pachydermique, revenu de tout, égal à Orson Welles ou à Charles Laughton. Et puis on a beau lire les journaux, regarder les reportages, savoir ce qui se passe là-bas… avec «Une saison blanche .et sèche», on a soudain l’impression d’y être. Tel est le pouvoir du cinéma. Cet être-là, en 1976, on manifeste à Soweto. Les écoliers noirs se font massacrer par la police, les arrestations arbitraires et les tortures se multiplient. Benjamin Du Toit (Sutherland), un Afrikaner bien élevé, vivant dans le confort, découvre, à travers les malheurs de son jardinier indigène, toutes ces atrocités. Le processus est prévisible : d’abord incrédule, il se range par idéalisme du côté des persécutés, se coupant peu à peu des siens, de ses amis et de sa famille, effrayés par cet itinéraire suicidaire dans un pays où les Blancs se considèrent en état de guerre. Seul, son jeune fils le suivra : c’est la note d’espoir d’un film dur, remarquablement maîtrisé d’un bout à l’autre.

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