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27 déc

La victoire en rêvant

Posted in Mes écrits on 27.12.14

TENNIS ArchivesTennis, survêtement, serviette en écharpe et canette de bio-light hyper vitaminé à la main, Marcelle champion pénètre sur le terrain de ses prochains exploits. Quelques assouplissements, deux-trois étirements et le voilà fin prêt pour affronter les plus redoutables adversaires. Face à lui, Yannick Noah prépare un de ces servi-ces-boulets de canon dont il a le secret. Marcel n’a pas le temps de réagir. Noah lève les bras, il vient de remporter son premier tournoi de Roland-Garros. Exténué, Marcel se dirige vers le filet, tend la main à son heureux vainqueur et… fait s’éjecter la cassette du magnétoscope. Quel match! Il retourne à son monstrueux plateau-repas, échange son bio-light contre une bonne bière et s’installe confortablement dans son canapé. Comme nombre de ses contemporains, Marcel a choisi depuis longtemps d’être un sportif… de salon. Depuis de nombreux mois, les éditeurs vidéo lui donnent l’occasion de passer de fantastiques soirées. La vidéo sportive sort, en effet, de longues années de léthargie pendant lesquelles seules quelques sociétés comme Alpa ou, à un degré moindre, New’s Vidéo Films ont appliqué une politique suivie de sorties. Pourtant, au début de années 80, le marché naissant fournissait aux amateurs du genre une soixantaine de programmes proposés, pour la plupart il est vrai, à la vente. Parmi ceux-ci, on peut retenir quelques petites merveilles telles que « Bjôrn Borg-Leçon de tennis» (Ciné Vidéo Films), «Coupe du monde de football 1930-1982» (RCV), «bix ans de grands prix de Formule 1» (ThornEmi) ou «Les grandes heures des 24 Heures du Mans» (GCR).. La prédominance du système locatif (voir dossier par ailleurs) jusqu’en 1988 a freiné le développement d’une catégorie de programmes, dite hors films, promise aujourd’hui à un grand avenir. En ce qui concerne le sport, on peut relever quatre types de programmes susceptibles de séduire l’ensemble de la populationvidéophile. Avant d’entrer dans les méandres de cette production, il faut prévenir le client acariâtre, le rabat-joie de base et le pinailleur impénitent que nous n’allons pas faire une liste exhaustive de tous les produits existants (il y en a beaucoup qui ne sont plus distribués), mais plutôt le tour d’ensemble des nouveautés disponibles actuellement dans les rayons des vidéoclubs et autres grandes surfaces. Que les oubliés nous pardonnent bien vite, MTT se chargera désormais, chaque mois, de traiter en détail les nouvelles cassettes. Bon, assez de blabla! Mettons immédiatement nos chaussures à crampons pour fouler le terrain des grandes rétrospectives. C’est une des qualités majeures de notre média que de pouvoir proposer ces cassettes regroupant les meilleurs… les plus beaux… ou les grands moments de… avec des images d’archives souvent exceptionnelles. Bien sûr, le football se taille la part du lion. Citons ainsi l’excellent «Les plus beaux buts du monde» (141 buts des Coupes du monde de 1966 à 1986 — Virgin Vidéo), «Les plus grands joueurs du monde» (de Di Stefano à Maradona en passant par Cruyff, Pelé ou Platini ; du grand spectacle! — Virgin Vidéo), «Pelé, l’homme aux mille buts» (Vidéo-films), «Mundial» (les plus beaux buts des Coupes du monde 1978, 1982 et 1986; très moyen — Fil à Film), «Juventus de Turin-Une équipe légendaire» (toute l’histoire dé ce fabuleux club et de ses meilleurs joueurs, de Sivari à Zavarov en passant, bien sûr, par Platini — Proserpine) et, enfin, «Histoire de la Coupe du monde» (de 1930 à 1986, une rétro pleine d’images inédites; un bijou — Alpa). Au milieu de ce festival de buts, de stars et d’actions superbes, signalons la sortie d’une cassette qui montre les footballeurs sous un bien mauvais jour. Il s’agit de «Carton rouge» (Virgin Vidéo), une série d’images-chocs tirées des récentes Coupes du monde où les joueurs sont parfois victimes, parfois coupables… Cette violence est inhérente à l’autre football, celui pratiqué par nos amis d’outre-Atlantique. Depuis plusieurs années, une équipe de cinéastes a parcouru tous les terrains pour nous proposer «Bloopers-American football» (Cinéma Vidéo Conseil) OU une rétrospective des moments les plus drôles et les plus spectaculaires de ce sport qui commence à connaître un bon succès dans notre pays. Toutes les stars du football US (héros légendaires aux Etats-Unis) ont droit à leur cassette avec «Le football américain-Les plus grands joueurs» (Proserpine). L’automobile est un autre grand domaine où l’on peut puiser dans le réservoir d’images d’archives et concocter quelques programmes alléchants. Pour preuve, le superbe «Enzo Ferrari» (portrait très soigné de la légende faite homme — Cinéma Vidéo Conseil), «Niki Lauda» (la carrière du triple champion du monde de F1 — Fil à Film), «Alain Prost champion du monde» (portrait et rétro de l’année où le grand pilote français devient le numéro un de la planète — Hachette/Film Office), «La fabuleuse histoire de Ferrari de 1925 à 1987» (Fil à Film) et «La fabuleuse histoire du Paris-Alger-Dakar 1978-1988» (Fil à Film). D’autres sports ont, bien sûr, les honneurs des rétros-vidéo, et l’on peut citer ici des programmes remarquables comme «La fabuleuse histoire du Tour de France» (Fil à Film) et, surtout, «Cent ans de rugby en France» (huit cassettes conçues par RogerDries et l’Ina difficiles à trouver mais dont un best of vient de sortir chez Virgin Vidéo). Pour en terminer avec cette première catégorie, signalons l’initiative de Proserpine qui propose «Le golf», «Le tennis» et «Auto racing», trois films dits historiques, remplis d’images-chocs. Parallèlement, l’éditeur commercialise quatre cassettes-portraits sur les champions d’exception que sont Jimmy Connors, Bjôrn Borg, Arnold Palmer et Joe Frazier. Hélas, mille fois hélas. Proserpine a cru bon de doubler (très mal) la voix de toutes les stars interviewées dans ces cassettes. Débile et scandaleux. Ce n’est pas le cas de ce qui pourrait ouvrir notre deuxième dossier — les grands événements —,la fameuse cassette «Platini, une légende». Lancé début 1989 par Cinéma Vidéo Conseil, ce film se consacre presque uniquement au mémorable jubilé qui regroupait, en mai 1988, les plus grands joueurs de la planète. C’est un beau document certes, mais il ne retrace en rien la carrière du plus grand footballeur français de tous les temps. Ironie du sort, Canal + Vidéo vient d’annoncer la sortie du même jubilé Platini, réalisé par Adolphe Drhey, maître ès caméra. Patientons donc pour visionner un jour une cassette sur l’ensemble des œuvre de l’artiste du ballon rond et dégustons en attendant l’«Euro 84» (Film Office), le «Mexico 86» (Fil à Film) et «Le Championnat d’Europe 88» (Virgin Vidéo). Autre grande manifestation sportivo-médiatique, les Jeux Olympiques n’ont été que très peu couverts et seul Virgin Vidéo nous permet de revivre les «Olympicgames 88» (Ben Johnson, Flo-Jo, Carl Lewis et les autres), ainsi qu’une sous-partie de ceux-ci avec «Les Jeux Olympiques-Gymnastique». Au rayon grands rendez-vous, nous pouvons évoquer, dans le désordre, «La Coupe du monde de rugby 87» (assez mauvais — Fil à Film), «Le combat du siècle Hagler-Leonard» (Cinéma Vidéo Conseil), les nouvelles cassettes sur le golf éditées par Echo («Nick Faldo», «British open 89», «Masters 89» et «British open féminin 89»), «Wimbledon 88» (Cinéma Vidéo Conseil), «Roland-Garros 89» (Echo/Film Office), «Le Tour de France 89» (Antenne 2 Vidéo — à venir), «Motocross-Championnats du monde 86 et 87» (Alpa), «Le British open de golf 85» (Cinéma Vidéo Conseil) et encore toute une série de programmes du même type sur la moto, les off-shores, la boxe française et les rallyes, proposée par le prolixe Cinéma Vidéo Conseil. La troisième catégorie de productions regroupe tout ce qui concerne l’apprentissage du sport. De nombreuses personnalités se sont prêtées, dans les années 80, à cette pratique, initiant les néophytes au tennis ou au golf, donnant des conseils pour marquer des buts ou tirer un coup franc. Aujourd’hui, Virgin Vidéo propose une collection de six cassettes pour progresser au tennis, avec Jimmy Connors, Hanna Mandlikova, Guillermo Vilas, Chris Evert-Lloyd, Yannick Noah, Martina Navratilova, John McEnroe, Ivan Lendl et VitasGerulaitis. A partir d’images enregistrées à Roland-Garros, un technicien étudie les coups et tente de les faire comprendre au spectateur. Intéressant. Dans la même optique, Antenne 2 commercialisé sa première cassette, «Découverte du golf», qui permet, grâce à Patrick Cros et Jean-Louis Calméjane, d’apprendre les bases puis les coups difficiles de ce sport en pleine expansion dans l’hexagone. Le dernier volet de ce tour d’ensemble des stades concerne ce que l’on regroupera sous l’appellation Loisirs-exploits-magazines. Dans ce domaine, chaque éditeur y va de son programme de surf, de ski, d’alpinisme, de crashes en voiture, d’aérobic et autres sports insolites venus des quatre coins du globe. Mettons l’accent sur les efforts constants faits par Alpa, qui propose au moins une centaine de produits de ce type, plus passionnants les uns que les autres. Signalons, par exemple, «Karaté», «Blownaway» avec RobbyNaish, la série des «Fun odyssey», qui donnent l’occasion d’un grand spectacle au Zénith chaque année, et la série «Havoc», qui regroupe des centaines d’accidents automobiles qui se sont produits dans diverses compétitions. Du grand frisson. Cinéma Vidéo Conseil suit cette voie avec «Kracks», mais commercialise aussi une série devenue très fameuse pour les spécialistes, «Autovidéo». Dix programmes sont déjà disponibles dans cette collection qui fait appel aux plus grands pilotes pour commenter des images de rallyes, de stock-cars, des épreuves d’endurance, comme de la Formule 1. Comme Alpa, Cinéma Vidéo Conseil propose également une myriade de productions où cohabitent évasion et aventure. Pour conclure sur ce chapitre, il faut retenir le «Multi-glisse» et le «Best of adventure» (les meilleurs reportages de l’émission diffusée sur M6 et présentée par Christopher Reeve-Superman) chez Virgin Vidéo, le «Festival de films de ski» chez Fil à Film, «Le risque d’aimer le risque» (GCR) et «Profession cascadeur» (Proserpine) pour honorer ces fêlés qui animent avec brio les films d’action. Mais tiens, voilà que réapparaît notre ami Marcel. Tennis, survêtement, serviette en écharpe et canette de bio-light hyper vitaminé à la main, il pénètre sur le terrain de ses nouveaux exploits. Quelques assouplissements, deux-trois étirements et il peut affronter ses redoutables adversaires. Mais tout déraille : un perchiste casse sa perche et s’écroule, un boxeur tape sur l’arbitre et un lanceur de poids envoie son engin sur un concurrent voisin. Marcel écarquille les yeux, regarde le boîtier qu’il tient dans la main. C’est tout simplement «Le bêtisier du sport» (disponible dans quelques semaines — Virgin Vidéo) que lui a refilé un journaliste de MTT. Marcel s’écroule sur son canapé et rit aux éclats, tous muscles «déployés». C’est génial, le sport, non ?

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14 déc

Les erreurs des uns et les erreurs des autres

Posted in Mes écrits on 14.12.14

Si le gouvernement entreprend de détruire la vidéo, la profession accumule également les erreurs. Ayant vécu dans le faste, les éditeurs maîtrisent mal leur marché. Lors du Vidcom, le salon de la vidéocommunication qui se déroule à Cannes, le luxe s’étale sur les stands, aux tables ouvertes dans les palaces de la Croisette, dans de superbes spectacles et de grandioses réceptions. Au niveau des achats de droits, il se trouve toujours quelqu’un prêt à surenchérir sur le voisin. Mais avec des calculs d’amortissement basés sur des hypothèses sur-optimistes, le moindre ralentissement de marché provoquera de douloureuses chutes. Plusieurs éditeurs indépendants vont en faire l’amère expérience_ Un fils de grands bourgeois, qui, sillonnant Paris au volant de sa Rolls Royce, a créé un catalogue de films français à coups de millions de francs, va ainsi constater, terrible surprise, qu’il faut gagner au moins autant d’argent qu’on en dépense pour faire vivre une société. Un habile commerçant venu de Tahiti, qui a bâti un gros catalogue de films américains à coups de surenchères, va réaliser qu’il est imprudent de payer trop, et surtout de payer trop tôt. Grisé par les mirages du monde cinématographique, il a traité avec certains producteurs affligés d’une innocente manie : ils ne produisent pas les films qu’ils ont vendus à l’avance. Lorsqu’il abandonne le monde de la vidéo pour voguer vers d’autres aventures, il lui reste au moins quelques souvenirs : des photos de lui avec certains acteurs de films qu’il n’a jamais eus… Sur le front des vidéoclubs, on assiste à une véritable guerre des-prix, le tarif des locations quotidiennes descendant parfois jusqu’à 3 francs. Argument de cette étonnante spirale : il s’agit ainsi d’éliminer la concurrence. Puis, restant seul à occuper le terrain local, le gagnant entendra tinter son tiroir-caisse à longueur de journée, au rythme d’un flot ininterrompu de locations. Le seul tintement qui va en résulter sera le glas d’un très grand nombre de magasins. Les éditeurs reprochent ces fantaisies aux vidéoclubs, lesquels reprochent aux éditeurs leurs politiques commerciales.Vidcom Pour faire front, les éditeurs créent un syndicat. Les vidéoclubs en créent un pour faire face. D’autres éditeurs créent un autre syndicat, pour contrer le premier. Les vidéoclubs ne savent plus comment s’organiser. Retour vers le futur ? Aujourd’hui, le seul syndicat d’éditeurs est la Csea, Chambre syndicale de l’édition audiovisuelle, qui ne regroupe cependant pas la totalité de la profession, et les vidéoclubs commencent à se regrouper au sein de la .Fédération française de la vidéo. L’entente règnera-t-elle ? Difficile à dire, mais la situation de la vidéo s’éclaircit en tout cas depuis quelque temps, car un élément nouveau est intervenu : la vente de vidéocassettes préenregistrées à des prix très abordables. Toutes les sociétés pratiquent désormais la vente, et la santé du marché s’en ressent. Les chiffres de la Chambre syndicale de l’audiovisuel révèlent, pour les six premiers mois de 1989, une progression de 30,5 % par rapport au premier semestre 1988. La vente, en particulier, réélise une superbe percée, avec un chiffre d’affaires semestriel se situant entre 600 et 700 millions de francs. S’il évolue très fortement au niveau des vidéocassettes, le marché de la vidéo connaît également une avancée technologique considérable, car voici que se développent la vidéo 8 mm et le compact disc vidéo. Déjà, la vidéo 8 mm nous met à l’heure des baladeurs vidéo, à peine plus grands que le fameux Walkman audio. Le Super-VHS de JVC et le nouveau Hi 8 de Sony sont, avec une résolution de 400 lignes, certainement beaucoup plus performants que les nombreux magnétoscopes VHS traditionnels. Le compact disc vidéo, lui, va peut-être enfin conquérir un marché de techno-enthousiastes, grâce à sa superbe qualité d’image et au son hifi. Pourtant, son apparition remonte à une quinzaine d’années, et son premier lancement date du début des années 80, avec deux systèmes différents. Celui de RCA utilisait une tête de lecture, tandis que celui de Philips fonctionnait avec un rayon laser. Rapidement, ils occupaient une importante part de marché aux États-Unis. Puis le public les boudait et ils disparaissaient ; l’une des critiques -le plus souvent formulées étant ‘que le vidéodisque n’enregistrait pas. Étonnante contradiction : le magnétoscope, qui enregistre, n’avait décollé que grâce à l’apport des produits préenregistrés. Le vidéodisque, basé sur les produits préenregistrés, mourait parce qu’il n’enregistrait pas. La vidéo est vraiment en train de vivre une étonnante jeunesse. En quelques années à peine, elle aura connu toutes les vicissitudes, mené tous les combats, commis toutes les erreurs, subi tous les revers, reçu tous les coups. Mais une chose est certaine : le public l’aime. Dès lors, tous les espoirs lui sont permis.

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