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26 oct

Un dilemme vidéo

Posted in Mes écrits on 26.10.14

betaC’est à la fin des années 70 qu’apparaissent simultanément deux standards grand public venus du Japon : le Bétamax de Sony et le VHS de JVC. Philips suivra un peu plus tard avec sa nouvelle création, le V2000. Ces trois standards, qui vont faire l’objet d’un combat planétaire, aujourd’hui remporté par le VHS, présentent des critères communs appareils relativement compacts, cassettes de faible encombrement et branchement sur la télévision par la prise d’antenne. Or, s’ils suscitent effectivement un certain enthousiasme chez les fans d’image et de technologies nouvelles, les magnétoscopes ont du mal à pénétrer dans les foyers français. Les utilisateurs qui trouvent un intérêt à enregistrer des programmes à la télévision pour les revoir ensuite sont peu nombreux. La fonction d’enregistrement-reproduction du magnétoscope s’avère insuffisante pour créer un marché de masse. Il faudra nourrir les magnétoscopes avec d’autres images que celles qu’ils ont eux-mêmes enregistrées. Cela, un homme en France l’a compris depuis longtemps. Exploitant un laboratoire de recherche et vendant des équipements audiovisuels sophistiqués dans son magasin de la rue du Colisée, Victor Bialek se rappelle avoir «importé le premier magnétoscope en France, il y a une trentaine d’années.» Et dès l’avènement de l’U-Matic, il crée une sorte de club privé où il loue des cassettes contenant des films. Une clientèle de personnalités fanatiques de cinéma vient y faire sa moisson d’images. Cette simple idée conviviale, reprise plus tard par de nombreux autres, fera décoller véritablement la vidéo grand public et donnera une impulsion à la vente de magnétoscopes. Ce que Victor Bialek, avec son VIP-Vidéo Club de France, a démarré en U-Matic, il va, bien sûr, le poursuivre dans les standards grand public. Mais pour lui comme pour les autres, un problème essentiel se pose : acquérir les droits vidéo de films à exploiter en vidéocassettes. Les premiers à posséder ces droits, ou à pouvoir y accéder facilement, sont évidemment les hommes de cinéma.

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14 oct

«Stallone, je vais te briser !»

Posted in Mes écrits on 14.10.14

Lorsque nous le rencontrons, Dolph Lundgren n’a pas le look du «Punisher» (sortie en salle le 25 octobre). Il est redevenu blond, rasé de près, et ne transporte pas d’arsenal avec lui. Seul point commun avec son héros : il ne reste pas en place. Il se lève au milieu d’une phrase, s’étire au milieu d’une autre, tend le bras, se déhanche, se rassoit, avale une gorgée de bière, répond à la question en se massant la nuque, etc. Cette agitation ne l’empêche pas d’être extrêmement courtois et concis dans son discours. «Je suis suédois d’origine et je suis resté en Suède jusqu’à l’âge de seize ans. J’ai fait des études de chimie et obtenu une bourse pour les États-Unis. J’y ai continué mes études pendant cinq ans et obtenu ma licence en chimie. Parallèlement, je faisais du karaté et posais comme modèle pour me faire un peu d’argent de poche. Je suivais aussi des cours dans un studio d’art dramatique de New York. La profession d’acteur m’intéressait de plus en plus, et j’ai fini par quitter la chimie».

Vous avez aussi abandonné le sport professionnel ?

Je n’ai jamais été un vrai sportif professionnel. J’aurais pu le devenir, mais je n’aimais pas assez cela. Le seul sport que je pratique encore, c’est le karaté. Pendant le tournage de «Punisher», je faisais des exercices tous les jours avec mon professeur.

La discipline sportive vous a-t-elle aidé dans votre carrière d’acteur ?

Bien sûr. L’entraînement m’a beaucoup aidé. Il m’a aussi rendu plus fort mentalement.

Après une brève apparition dans «Dangereusement vôtre», vous avez interprété l’adversaire de Sylvester Stallone dans «Roc-ky 4». Comment s’est passée la rencontre ?

Le James Bond m’a été apporté par Grace Jones, qui était alors ma femme. Pour «Rocky 4», je me suis présenté à un casting à New York. On m’a refusé sous prétexte que j’étais trop grand. J’ai alors envoyé quelques photos de moi, en boxeur, à Stallone. Trois mois après, il m’a fait passer un screen-test à Hollywood.

La préparation du film a-t-elle été difficile ?

Et comment ! Un film normal, vous le préparez trois semaines. Là, il y a eu cinq mois de préparation et d’entraînement à Los Angeles. «Rambo 2 »n’était pas encore sorti, et Stallone venait d’encaisser deux cuisants échecs avec «Staying alive» et «Rhinestone». Il était plutôt nerveux à l’époque. Il s’est donné corps et âme dans «Rocky 4».

C’était drôle de jouer un méchant aussi caricatural ?

C’était plutôt un méchant de dessin animé. Stallone a voulu que je le joue comme ça, qu’il ne montre jamais la moindre émotion. J’aurais préféré le jouer autrement.

Il y a un plan très drôle c’est quand vous dites à Stallone, juste avant le match, «Je vais te briser».

Ah, oui. Je connais cette réplique dans toutes les langues (Dolph Lundgren la récite en français, allemand, italien…).

Dans «Les maîtres de l’univers», vous étiez, au contraire, un héros pur et immaculé…

C’était le dernier film que je voulais faire. A l’époque, je désirais étaler mes dons d’acteur dramatique et «Les maîtres de l’univers», ce n’est pas du Tennessee Williams… Il a fallu que je regarde les choses d’une façon pratique : les films d’action ne sont pas si nombreux, et ce personnage était un héros. Finalement, avec le recul, je trouve le film plutôt mignon. D’ailleurs, les enfants l’ont adoré.

Que pensez-vous de votre dernier film, «Punisher» ?

C’est le premier film où je me sens à l’aise. Je n’ai pas à en avoir honte. Nous avons eu, sur le tournage, beaucoup de gens de l’équipe de «Mad Max». C’était un des avantages de tourner en Australie. En Amérique, ces gens-là auraient coûté trop cher. Ils ont trouvé un look original au film, n’ont copié personne. Le seul film qui les a peut-être influencés est «Diva» de Beineix. En Amérique, les seuls gens enthousiastes dans le métier sont ceux qui font des «arts films».

L’histoire est pourtant une classique affaire de vengeance…

C’est vrai. Mais le personnage est un ex-flic devenu un tueur psychotique. C’est un cinglé, et il n’a absolument rien d’un héros. Ça, c’est intéressant.

Est-ce qu’on vous a consulté pour l’élaboration du look de votre personnage ?

Un peu. Mais c’est la costumière de «Mad Max» qui lui a donné ce côté «plus grand que la vie» et cet aspect de motard un peu crasseux, avec des cheveux gominés et un manteau de cuir. C’est vraiment sympa de jouer les héros. Vous pouvez tuer tout le monde sans avoir à vous justifier.

Je crois que vous voulez devenir producteur…

Oui, je veux coproduire pour avoir plus de pouvoir et un droit de regard sur ce que je fais. Si vous n’êtes qu’un acteur, vous avez juste le droit de vous taire. Si vous êtes une star, c’est différent. Vous préservez votre image et pouvez, sans problème, choisir scénario et réalisateur.

Quand avez-vous tourné votre cassette de workout ?

C’est quelque chose que j’avais prévu de faire avant même mon premier film. J’avais besoin d’argent.

Des projets ?

Un film à Houston, «Darkangel». C’est un film policier avec des extra-terrestres, et j’ai une relation romantique avec une fille. C’est un beau rôle, plus sympa que ceux que j’ai tournés jusqu’à maintenant. Et puis, il y a de l’humour. C’est une sorte de «Loup-garou de Londres».

Avez-vous l’intention de devenir réalisateur vous-même ?

C’est une question vacharde. Si je réponds oui, on va dire que je suis trop ambitieux. Le fait est que je réagis souvent comme un réalisateur. C’est dans ma nature d’être le patron, de superviser les choses, de corriger le scénario. Mais se diriger soi-même est impossible. Vous devez exploser de fureur, puis, dans la minute qui suit, repasser derrière la caméra et réfléchir froidement.

Des acteurs favoris ?

Marlon Brando, Robert Mitchum, Burt Lancaster.

A cette étape de votre carrière, que désirez-vous le plus ?

Je veux juste travailler pour des gens talentueux. Je travaillerais gratis pour des gens comme Oliver Stone, Milos Forman ou Mike Nichols. Le seul fait qu’ils veuillent tourner avec moi me ferait me sentir bien dans ma peau.

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