Chez Fernand

Bienvenue sur le blog de Fernand !

14 déc

Les erreurs des uns et les erreurs des autres

Posted in Mes écrits on 14.12.14

Si le gouvernement entreprend de détruire la vidéo, la profession accumule également les erreurs. Ayant vécu dans le faste, les éditeurs maîtrisent mal leur marché. Lors du Vidcom, le salon de la vidéocommunication qui se déroule à Cannes, le luxe s’étale sur les stands, aux tables ouvertes dans les palaces de la Croisette, dans de superbes spectacles et de grandioses réceptions. Au niveau des achats de droits, il se trouve toujours quelqu’un prêt à surenchérir sur le voisin. Mais avec des calculs d’amortissement basés sur des hypothèses sur-optimistes, le moindre ralentissement de marché provoquera de douloureuses chutes. Plusieurs éditeurs indépendants vont en faire l’amère expérience_ Un fils de grands bourgeois, qui, sillonnant Paris au volant de sa Rolls Royce, a créé un catalogue de films français à coups de millions de francs, va ainsi constater, terrible surprise, qu’il faut gagner au moins autant d’argent qu’on en dépense pour faire vivre une société. Un habile commerçant venu de Tahiti, qui a bâti un gros catalogue de films américains à coups de surenchères, va réaliser qu’il est imprudent de payer trop, et surtout de payer trop tôt. Grisé par les mirages du monde cinématographique, il a traité avec certains producteurs affligés d’une innocente manie : ils ne produisent pas les films qu’ils ont vendus à l’avance. Lorsqu’il abandonne le monde de la vidéo pour voguer vers d’autres aventures, il lui reste au moins quelques souvenirs : des photos de lui avec certains acteurs de films qu’il n’a jamais eus… Sur le front des vidéoclubs, on assiste à une véritable guerre des-prix, le tarif des locations quotidiennes descendant parfois jusqu’à 3 francs. Argument de cette étonnante spirale : il s’agit ainsi d’éliminer la concurrence. Puis, restant seul à occuper le terrain local, le gagnant entendra tinter son tiroir-caisse à longueur de journée, au rythme d’un flot ininterrompu de locations. Le seul tintement qui va en résulter sera le glas d’un très grand nombre de magasins. Les éditeurs reprochent ces fantaisies aux vidéoclubs, lesquels reprochent aux éditeurs leurs politiques commerciales.Vidcom Pour faire front, les éditeurs créent un syndicat. Les vidéoclubs en créent un pour faire face. D’autres éditeurs créent un autre syndicat, pour contrer le premier. Les vidéoclubs ne savent plus comment s’organiser. Retour vers le futur ? Aujourd’hui, le seul syndicat d’éditeurs est la Csea, Chambre syndicale de l’édition audiovisuelle, qui ne regroupe cependant pas la totalité de la profession, et les vidéoclubs commencent à se regrouper au sein de la .Fédération française de la vidéo. L’entente règnera-t-elle ? Difficile à dire, mais la situation de la vidéo s’éclaircit en tout cas depuis quelque temps, car un élément nouveau est intervenu : la vente de vidéocassettes préenregistrées à des prix très abordables. Toutes les sociétés pratiquent désormais la vente, et la santé du marché s’en ressent. Les chiffres de la Chambre syndicale de l’audiovisuel révèlent, pour les six premiers mois de 1989, une progression de 30,5 % par rapport au premier semestre 1988. La vente, en particulier, réélise une superbe percée, avec un chiffre d’affaires semestriel se situant entre 600 et 700 millions de francs. S’il évolue très fortement au niveau des vidéocassettes, le marché de la vidéo connaît également une avancée technologique considérable, car voici que se développent la vidéo 8 mm et le compact disc vidéo. Déjà, la vidéo 8 mm nous met à l’heure des baladeurs vidéo, à peine plus grands que le fameux Walkman audio. Le Super-VHS de JVC et le nouveau Hi 8 de Sony sont, avec une résolution de 400 lignes, certainement beaucoup plus performants que les nombreux magnétoscopes VHS traditionnels. Le compact disc vidéo, lui, va peut-être enfin conquérir un marché de techno-enthousiastes, grâce à sa superbe qualité d’image et au son hifi. Pourtant, son apparition remonte à une quinzaine d’années, et son premier lancement date du début des années 80, avec deux systèmes différents. Celui de RCA utilisait une tête de lecture, tandis que celui de Philips fonctionnait avec un rayon laser. Rapidement, ils occupaient une importante part de marché aux États-Unis. Puis le public les boudait et ils disparaissaient ; l’une des critiques -le plus souvent formulées étant ‘que le vidéodisque n’enregistrait pas. Étonnante contradiction : le magnétoscope, qui enregistre, n’avait décollé que grâce à l’apport des produits préenregistrés. Le vidéodisque, basé sur les produits préenregistrés, mourait parce qu’il n’enregistrait pas. La vidéo est vraiment en train de vivre une étonnante jeunesse. En quelques années à peine, elle aura connu toutes les vicissitudes, mené tous les combats, commis toutes les erreurs, subi tous les revers, reçu tous les coups. Mais une chose est certaine : le public l’aime. Dès lors, tous les espoirs lui sont permis.

No Comments »

28 nov

Proserpine, de Sweet Savage a Camille Claudel

Posted in Mes écrits on 28.11.14

Sur le marché, c’est Proserpine qui a joué d’emblée la case de l’innovation. Après avoir distribué bon nombre de cassettes érotico-pornos, cette nouvelle société a promu, comme personne, un X totalement original, «Sweet Savage». Ce western détourné en film culte est devenu, en quelques semaines, un véritable mythe. Proserpine a toujours été, dans le domaine de la vidéo, à l’avant-garde du progrès, commettant, il est vrai, certaines erreurs de «jeunesse». Cependant, n’oublions pas que ses campagnes publicitaires sur la vidéo grand public ont servi l’ensemble de la profession, qui ne s’est d’ailleurs guère privée de s’en inspirer largement. Aujourd’hui, Proserpine continue d’être un éditeur prestigieux, avec des films comme «Camille Claudel» et «La petite voleuse»: Il est rare qu’un éditeur indépendant conserve, depuis près de die ans, une telle vitalité, MI en se renouvelant sans cesse. Saluons bien bas la performance… sommes vidéoclub, vendeur de matériel et, depuis deux ans, nous nous consacrons à la mente de vidéocassettes. L’arrivée du vidéodisque risque d’insuffler une force nouvelle au système.»

Cinéma-vidéo : l’amour vache

Si certains professionnels du cinéma ont immédiatement adhéré à l’aventure de la vidéo, d’autres se déclarent rapidement comme de farouches ennemis, entretenant ainsi une sorte de tradition cinématographique. Les gens de cinéma ont, de tout temps, attribué la baisse de fréquentation à des facteurs extérieurs. Après avoir traîné la télévision dans la boue, ils ne rechignent pas, aujourd’hui, à accepter régulièrement son argent dans le cadre d’accords de coproduction. Lorsque la vidéo se développe, elle devient le nouvel accusé : c’est elle qui leur enlève des entrées. Jamais il ne sera question d’envisager que le déclin des salles peut avoir une très simple raison : le manque de bons films. Dans le même temps, ils s’appliquent à faire monter les enchères, demandant pour les droits vidéo de leurs films des prix qui font parfois frémir.cinéma Entre le cinéma et la vidéo s’installe une sorte d’amour vache. Encaissant sa monnaie, le cinéma-gigolo passe néanmoins son temps à critiquer la vidéo, et ne se prive pas, en outre, de lui flanquer quelques trempes. Mais cela, il le fait par l’intermédiaire d’un copain très costaud : le gouvernement. Auprès de Jack Lang, alors (pour la première fois) ministre de la Culture, et de Georges Fillioud, ministre de la Communication, la vidéo devient une fille de mauvaise vie qui fait bien des misères au cinéma. Elle va donc subir une série de mesures punitives. Pas question, bien entendu, d’abaisser le taux de TVA, alors de 33 1/3% comme pour les bijoux. Mais on décide, en outre, d’instituer une redevance sur les magnétoscopes, à l’instar de celle qui existe pour la télévision. Il en résulte un curieux phénomène : beaucoup d’appareils sont payés en espèces, et déclarés aux noms de… Fillioud et Lang. Mais pour ceux qui voudraient payer à crédit, il n’est plus du tout question d’acheter. En agitant le spectre de l’invasion japonaise, des mesures protectionnistes sont mises en place, avec un contingentement des magnétoscopes. Tous les appareils doivent dès lors passer par Poitiers pour y être recensés à l’importation. Enfin, pour faire bonne mesure, on institue un délai «de protection» : les films ne pourront paraître en vidéocassettes qu’un an après leur sortie dans les salles. Une commission spéciale du CNC raccourcira éventuellement ce délai en fonction du succès obtenu par le film au cinéma. Cette réglementation, toujours en vigueur, prévoit en somme qu’un film boudé par le public peut très vite sortir en cassette, tandis qu’un gros succès, qui a fait l’essentiel de ses entrées en quelques mois, doit attendre un an. Les effets de ces mesures ne vont pas tarder à se faire sentir. «La loi Lang, dit Sergio Gobbi, a cassé une dynamique.» Déjà l’un des pionniers vacille. «En 1983, dit Yves Rousset-Rouard, les décisions politiques ou fiscales ont porté un coup terrible à l’expansion du marché et freiné la progression des éditeurs français par rapport à leurs concurrents étrangers. Les vidéoclubs ont acheté de moins en moins de cassettes. Un grand nombre d’entre eux a Connu des problèmes financiers qui se sont répercutés sur les éditeurs. C’est à cette époque que j’ai cédé la société RCV aux Éditions Mondiales, décidant de me recentrer sur mon activité principale : la production. J’ai produit, cette année-là, «Le père Noël est une ordures» avec le Splendid, qui a obtenu le succès que l’on connaît.» René Chateau, lui, est toujours présent dans la vidéo. On retiendra de cette époque qu’il a été le plus opiniâtre à mener le combat contre le délai «de protection». Producteur de l’énorme succès de Jean-Paul Belmondo, «Le marginal», il décide en effet de sortir le film en vidéo avant qu’une année se soit écoulée. Il ira jusque devant la Cour européenne pour faire valoir son droit de maîtriser comme il l’entend son propre produit.

No Comments »

08 nov

Les enthousiastes de la première heure

Posted in Mes écrits on 08.11.14

Yves Rousset-RouardParmi eux, certains sont des adversaires déclarés de la vidéo, tandis que d’autres éprouvent pour cette innovation un attrait immédiat. Yves Rousset-Rouard fait partie de ceux-là. Producteur à succès, avec, entre autres, «Emmanuelle» ou «Les bronzés», il lance, dès 1979, Régie Cassette Vidéo, très vite connue sous les simples initiales RCV. «Je considérais, dit-il, la vidéo comme un marché complémentaire pour les catalogues de films existants, et comme une source de financement potentiel pour les créations à venir.» Distribuant notamment beaucoup de films français, puis les répertoires de la 20th Century Fox et de MGM, RCV réalise en 1982 un chiffre d’affaires de 210 millions de francs. René Chateau, lui, intervient à la fois dans la production et la distribution cinématographiques. Il est coproducteur des films de Jean-Paul Belmondo, alors au sommet de sa gloire. Et il a eu un coup de génie en distribuant les films de Bruce Lee, qui ont renouvelé le genre karaté-kung-fu avec le succès que l’on sait. Lorsqu’il se lance dans la vidéo, sa démarche a pour origine, déjà, une opposition avec les autorités. «La Commission de censure, explique-t-il, avait interdit «Massacre à la tronçonneuse», que je distribuais au cinéma. Pour rentrer dans mes frais, j’ai créé Hollywood Boulevard Distribution avec Michel Fabre, et j’ai sorti le film directement en vidéo.» C’était en 1979, dès les premiers frémissements du marché. «Nous n’avions, poursuit-il, en tout et pour tout, que deux titres en vidéo, «Massacre à la tronçonneuse» et «James Dean story». Nous faisions tout, et Michel livrait lui-même avec sa Jaguar !» Un peu plus tard, René Chateau Vidéo, dont la commercialisation est toujours assurée par Hollywood Boulevard, allait rapidement devenir l’une des principales composantes du marché. De tous les hommes de cinéma qui s’intéressent à la vidéo, Sergio Gobbi est sans doute le plus complet. Metteur en scène, producteur, il avait vendu les droits vidéo de ses propres films à Victor Bialek. «Je suis donc parti pour l’Italie, raconte-t-il, et à mon retour en France, j’ai commencé mon catalogue avec une cinquantaine de films. Ce qui m’intéressait, c’était de donner une seconde chance à des films qui n’avaient pas eu au cinéma le succès escompté, mais aussi de faire découvrir les grands classiques à la nouvelle génération.» Puis, partant d’un concept qui correspond à celui des grandes sociétés de cinéma, il cherche à avoir ses «salles», autrement dit une chaîne de vidéoclubs franchisés. Ce qui lui vaut parfois certaines surprises_ «Un jour, je suis abordé par un couple qui désire ouvrir un vidéoclub. La dame me montre la photo de leur magasin : c’était une boucherie !» Super Productions Vidéo crée une moquette frappée à son logo pour décorer ses bureaux et ses magasins, puis décide de décliner cette image avec des blousons, des chaises, des parapluies, des mallettes, des agendas, et même un parfum. C’est peut-être sous cette avalanche de logos que la société a fini par s’écrouler… Parmi les autres sociétés intervenues rapidement sur ce marché naissant, l’une choisit une démarche originale qui va faire école : se limiter à l’édition, en confiant la distribution à une structure extérieure. Au sein de Ciné-thèque, Marx Zerbib a constitué un imposant catalogue de grands classiques. Peu enclin à créer une équipe commerciale, il va trouver un distributeur en la personne de François Dada, alors président des disques RCA. Esprit vif, Dada comprend qu’il peut augmenter son chiffre d’affaires avec des méthodes qu’il maîtrise déjà parfaitement dans la distribution du disque. Pour distribuer Cinéthèque, il crée RCA VU déo. Plus tard, RCA Vidéo s’alliera, dans un groupement d’intérêt économique, avec Gaumont et Columbia, sous le sigle GCR. Aujourd’hui, GCR est l’une des plus importantes sociétés du marché de la vidéo, mais François Dada constate, en tirant sur sa pipe d’un air désabusé, que «depuis quatre ans, % des vidéoclubs ont fermé leurs portes», et que si les débuts de la vidéo ont été marqués par «une fête permanente», les temps ont changé car «c’est aujourd’hui chacun pour soi»… Il est retourné à ses premières amours en créant une société de production de disques. Au fil des mois, de nouvelles sociétés apparaissent. Le marché se développe. L’âge d’or s’installe. Les vidéoclubs ouvrent en série. Et parfois même en chaîne. Dans son magasin Télé France de la rue Montmartre, créé en 1955, Alain Gayout avait commencé par vendre des films en super 8, développant ensuite une activité vidéo. Puis il établit un système de franchises qui ne durera qu’un temps : «J’ai été franchiseur de vidéoclubs pendant trois-quatre ans, mais les franchisés n’ont pas toujours joué le jeu.

No Comments »

26 oct

Un dilemme vidéo

Posted in Mes écrits on 26.10.14

betaC’est à la fin des années 70 qu’apparaissent simultanément deux standards grand public venus du Japon : le Bétamax de Sony et le VHS de JVC. Philips suivra un peu plus tard avec sa nouvelle création, le V2000. Ces trois standards, qui vont faire l’objet d’un combat planétaire, aujourd’hui remporté par le VHS, présentent des critères communs appareils relativement compacts, cassettes de faible encombrement et branchement sur la télévision par la prise d’antenne. Or, s’ils suscitent effectivement un certain enthousiasme chez les fans d’image et de technologies nouvelles, les magnétoscopes ont du mal à pénétrer dans les foyers français. Les utilisateurs qui trouvent un intérêt à enregistrer des programmes à la télévision pour les revoir ensuite sont peu nombreux. La fonction d’enregistrement-reproduction du magnétoscope s’avère insuffisante pour créer un marché de masse. Il faudra nourrir les magnétoscopes avec d’autres images que celles qu’ils ont eux-mêmes enregistrées. Cela, un homme en France l’a compris depuis longtemps. Exploitant un laboratoire de recherche et vendant des équipements audiovisuels sophistiqués dans son magasin de la rue du Colisée, Victor Bialek se rappelle avoir «importé le premier magnétoscope en France, il y a une trentaine d’années.» Et dès l’avènement de l’U-Matic, il crée une sorte de club privé où il loue des cassettes contenant des films. Une clientèle de personnalités fanatiques de cinéma vient y faire sa moisson d’images. Cette simple idée conviviale, reprise plus tard par de nombreux autres, fera décoller véritablement la vidéo grand public et donnera une impulsion à la vente de magnétoscopes. Ce que Victor Bialek, avec son VIP-Vidéo Club de France, a démarré en U-Matic, il va, bien sûr, le poursuivre dans les standards grand public. Mais pour lui comme pour les autres, un problème essentiel se pose : acquérir les droits vidéo de films à exploiter en vidéocassettes. Les premiers à posséder ces droits, ou à pouvoir y accéder facilement, sont évidemment les hommes de cinéma.

No Comments »

14 oct

«Stallone, je vais te briser !»

Posted in Mes écrits on 14.10.14

Lorsque nous le rencontrons, Dolph Lundgren n’a pas le look du «Punisher» (sortie en salle le 25 octobre). Il est redevenu blond, rasé de près, et ne transporte pas d’arsenal avec lui. Seul point commun avec son héros : il ne reste pas en place. Il se lève au milieu d’une phrase, s’étire au milieu d’une autre, tend le bras, se déhanche, se rassoit, avale une gorgée de bière, répond à la question en se massant la nuque, etc. Cette agitation ne l’empêche pas d’être extrêmement courtois et concis dans son discours. «Je suis suédois d’origine et je suis resté en Suède jusqu’à l’âge de seize ans. J’ai fait des études de chimie et obtenu une bourse pour les États-Unis. J’y ai continué mes études pendant cinq ans et obtenu ma licence en chimie. Parallèlement, je faisais du karaté et posais comme modèle pour me faire un peu d’argent de poche. Je suivais aussi des cours dans un studio d’art dramatique de New York. La profession d’acteur m’intéressait de plus en plus, et j’ai fini par quitter la chimie».

Vous avez aussi abandonné le sport professionnel ?

Je n’ai jamais été un vrai sportif professionnel. J’aurais pu le devenir, mais je n’aimais pas assez cela. Le seul sport que je pratique encore, c’est le karaté. Pendant le tournage de «Punisher», je faisais des exercices tous les jours avec mon professeur.

La discipline sportive vous a-t-elle aidé dans votre carrière d’acteur ?

Bien sûr. L’entraînement m’a beaucoup aidé. Il m’a aussi rendu plus fort mentalement.

Après une brève apparition dans «Dangereusement vôtre», vous avez interprété l’adversaire de Sylvester Stallone dans «Roc-ky 4». Comment s’est passée la rencontre ?

Le James Bond m’a été apporté par Grace Jones, qui était alors ma femme. Pour «Rocky 4», je me suis présenté à un casting à New York. On m’a refusé sous prétexte que j’étais trop grand. J’ai alors envoyé quelques photos de moi, en boxeur, à Stallone. Trois mois après, il m’a fait passer un screen-test à Hollywood.

La préparation du film a-t-elle été difficile ?

Et comment ! Un film normal, vous le préparez trois semaines. Là, il y a eu cinq mois de préparation et d’entraînement à Los Angeles. «Rambo 2 »n’était pas encore sorti, et Stallone venait d’encaisser deux cuisants échecs avec «Staying alive» et «Rhinestone». Il était plutôt nerveux à l’époque. Il s’est donné corps et âme dans «Rocky 4».

C’était drôle de jouer un méchant aussi caricatural ?

C’était plutôt un méchant de dessin animé. Stallone a voulu que je le joue comme ça, qu’il ne montre jamais la moindre émotion. J’aurais préféré le jouer autrement.

Il y a un plan très drôle c’est quand vous dites à Stallone, juste avant le match, «Je vais te briser».

Ah, oui. Je connais cette réplique dans toutes les langues (Dolph Lundgren la récite en français, allemand, italien…).

Dans «Les maîtres de l’univers», vous étiez, au contraire, un héros pur et immaculé…

C’était le dernier film que je voulais faire. A l’époque, je désirais étaler mes dons d’acteur dramatique et «Les maîtres de l’univers», ce n’est pas du Tennessee Williams… Il a fallu que je regarde les choses d’une façon pratique : les films d’action ne sont pas si nombreux, et ce personnage était un héros. Finalement, avec le recul, je trouve le film plutôt mignon. D’ailleurs, les enfants l’ont adoré.

Que pensez-vous de votre dernier film, «Punisher» ?

C’est le premier film où je me sens à l’aise. Je n’ai pas à en avoir honte. Nous avons eu, sur le tournage, beaucoup de gens de l’équipe de «Mad Max». C’était un des avantages de tourner en Australie. En Amérique, ces gens-là auraient coûté trop cher. Ils ont trouvé un look original au film, n’ont copié personne. Le seul film qui les a peut-être influencés est «Diva» de Beineix. En Amérique, les seuls gens enthousiastes dans le métier sont ceux qui font des «arts films».

L’histoire est pourtant une classique affaire de vengeance…

C’est vrai. Mais le personnage est un ex-flic devenu un tueur psychotique. C’est un cinglé, et il n’a absolument rien d’un héros. Ça, c’est intéressant.

Est-ce qu’on vous a consulté pour l’élaboration du look de votre personnage ?

Un peu. Mais c’est la costumière de «Mad Max» qui lui a donné ce côté «plus grand que la vie» et cet aspect de motard un peu crasseux, avec des cheveux gominés et un manteau de cuir. C’est vraiment sympa de jouer les héros. Vous pouvez tuer tout le monde sans avoir à vous justifier.

Je crois que vous voulez devenir producteur…

Oui, je veux coproduire pour avoir plus de pouvoir et un droit de regard sur ce que je fais. Si vous n’êtes qu’un acteur, vous avez juste le droit de vous taire. Si vous êtes une star, c’est différent. Vous préservez votre image et pouvez, sans problème, choisir scénario et réalisateur.

Quand avez-vous tourné votre cassette de workout ?

C’est quelque chose que j’avais prévu de faire avant même mon premier film. J’avais besoin d’argent.

Des projets ?

Un film à Houston, «Darkangel». C’est un film policier avec des extra-terrestres, et j’ai une relation romantique avec une fille. C’est un beau rôle, plus sympa que ceux que j’ai tournés jusqu’à maintenant. Et puis, il y a de l’humour. C’est une sorte de «Loup-garou de Londres».

Avez-vous l’intention de devenir réalisateur vous-même ?

C’est une question vacharde. Si je réponds oui, on va dire que je suis trop ambitieux. Le fait est que je réagis souvent comme un réalisateur. C’est dans ma nature d’être le patron, de superviser les choses, de corriger le scénario. Mais se diriger soi-même est impossible. Vous devez exploser de fureur, puis, dans la minute qui suit, repasser derrière la caméra et réfléchir froidement.

Des acteurs favoris ?

Marlon Brando, Robert Mitchum, Burt Lancaster.

A cette étape de votre carrière, que désirez-vous le plus ?

Je veux juste travailler pour des gens talentueux. Je travaillerais gratis pour des gens comme Oliver Stone, Milos Forman ou Mike Nichols. Le seul fait qu’ils veuillent tourner avec moi me ferait me sentir bien dans ma peau.

No Comments »

26 sept

La nouvelle génération de magnétoscopes à cassette numériques double de Mitsubishi

Posted in Mes écrits on 26.09.14

magnétoscopeBien que de nombreux catalogues, brochures et manuels d’instructions leur soient fournis, près de 90% des utilisateurs vidéo pensent qu’il leur suffit de louer une bande dans un vidéo club et de l’insérer dans l’appareil. Ils s’attendent à ce que leur magnétoscope raffiné, sophistiqué, et de grande valeur, fasse le reste. Seul un petit nombre de « fans » se souviennent de régler religieusement la commande d’alignement manuel pour chacune des bandes utilisées. Le reste abandonne rapidement le « tripotage » des commandes délicates et regardent leur bande stéréo Hifi toute neuve, voilée par une brume de parasites, interférences et distorsions sur l’écran le résultat d’un alignement incorrect.

Réglage d’alignement automatique quelle que soit la bande

C’est pourquoi nous avons mis au point le « numérique double » (Twin Digital) dit M. Y. Ohtani, directeur de la section vidéo à l’usine MITSUBISHI de Kyoto. « Personne ne veut bricoler les commandes vidéo pour voir un film. Nous devions Produire un magnétoscope qui puisse effectue lui-même le délicat réglage de l’alignement ». « Notre nouveau magnétoscope numérique double détermine automatiquement le point d’alignement optimum pour toute bande, aussitôt qu’elle est chargée. Qu’elle soit achetée, louée, doublée ou empruntée. Le résultat est la reproduction parfaite de tout ce qui se trouve sur la bande ». Mais pourquoi se concentrer sur la commande d’alignement? « Parce qu’il y a trois manières d’améliorer la qualité de l’image », selon M. T. Yonekawa, directeur du service technique pour les magnétoscopes à cassette, à l’usine de Kyoto. « L’une est de créer un nouveau format, comme S-VHS. La seconde est d’apporter de nouvelles améliorations à l’ancien format, comme les circuits HQ. La troisième manière est de se concentrer sur la réalisation de la commande d’alignement idéale parce qu’un alignement parfait garantit que les perfectionnements S-VHS et HQ sont intégralement utilisés ». Le numérique double est une combinaison des technologies numériques précédentes de Mitsubishi. Il associe l’alignement fin numérique (commande numérique d’effets spéciaux) et le « Tru-Tracking » numérique (commande numérique de la reproduction normale). En un système complètement automatisé et donc à toute épreuve. Lorsqu’une bande est insérée dans un magnétoscope à cassette numérique double, le micro-processeur balaie en va-et-vient la gamme d’alignement, recherchant le point d’alignement optimum pour cette bande particulière. Une fois que ce point est déterminé, la bande est reproduite à sa vitesse et à son volume d’alignement idéal. Le résultat est que 100% du signal de la bande est reproduit sur l’écran du téléviseur. Les tout derniers magnétoscopes à cassette de Mitsubishi ont été conçus, surtout et avant tout, pour la qualité de l’image. Mais ils sont aussi très faciles à utiliser et comprennent plusieurs fonctions perfectionnées qui font preuve d’une réflexion considérable. La réponse de Mitsubishi au problème compliqué du réglage de la minuterie est astucieuse, efficace mais simple et moins astreignante que les méthodes d’autres fabricants.

Programmation facile de la minuterie sur l’écran du téléviseur et l’affichage à cristaux liquides (LCD) de la télécommande

magnétoscope
Le réglage de chaque créneau surie programmateur de la minuterie peut être affiché sous forme tabulaire sur l’écran du téléviseur. Toutes les informations nécessaires étant visibles d’un seul coup d’œil, le risque de programmes se chevauchant ou d’erreur de procédure est réduit. Les touches de la télécommande donnent une liberté totale sur tout le tableau de sorte que l’utilisateur peut se déplacer sur le tableau, réglant ou reréglant à volonté les créneaux. La télécommande « intelligente » (fournie avec le S20) incorpore son propre affichage à cristaux liquides (LCD) de 16 chiffres pour le réglage de la minuterie. Avec l’affichage LCD et les touches de minuterie immédiatement dessous, tout ce qui est nécessaire pour régler, modifier ou annuler un programme est maintenant au bout de vos doigts. Comme alternative au calendrier total des programmes sur écran, l’affichage LCD rend simple et sûre la programmation de la minuterie. Tout d’abord, il est maintenant inutile d’interrompre d’autres personnes qui regardent la télévision pour amener le calendrier sur l’écran. Deuxièmement, l’affichage LCD inclut le numéro du créneau d’enregistrement, le jour du mois, les heures de début et de fin tout ce qui est nécessaire pour régler la minuterie. La télécommande universelle elle-même est, de toute évidence, bien pensée ainsi que ses 15 touches réglables, permettant de télécommander d’autres appareils. Quinze, un nombre pratique, beaucoup plus important que la gamme limitée des télécommandes réglables d’autres fabricants, mais cependant moins déroutant que les 50 touches ou plus des télécommandes « universelles » vendues séparément.

No Comments »

13 sept

Duo à trois

Posted in Mes écrits on 13.09.14

Elle a une passion, le base-ball. A chaque nouvelle saison, elle choisit le meilleur joueur de l’équipe des Durham pour en faire son amant, lui lire des poèmes et… rectifier son jeu. Lui est un joueur sur le retour qui doit stabiliser l’équipe et enseigner sa technique au jeune prodige. La confrontation des deux « professeurs », chacun n’étant pas insensible au charme de l’autre, va surtout se dérouler en dehors des terrains. Pour le meilleur et pour le pire… Un peu trop américain à notre goût (on se perd dans les règles et les trop nombreux exercices de base-ball), ce film vaut surtout par le talent de ses deux acteurs. Mystérieux et charmeur. Kevin Costner risque, après « Les incorruptibles », de devenir une des nouvelles idoles des petites Françaises, alors que Susan Sarandon est merveilleuse d’humour et de séduction. On attend ce duo dans une histoire plus forte. à sa mesure. En attendant de voir « Duo à trois », vous pouvez toujours déguster du Costner dans « Sens unique », sorti récemment en vidéo chez GCR.

La nuit Bengali

La nuit BengaliInspiré d’un roman semi-autobiographique de Mircea Eliade, qui avait fait scandale en son temps, voici un premier film français qui sort résolument des sentiers battus, ne serait-ce que par son ambition. A travers une histoire d’amour impossible entre un Européen et une jeune Indienne, Nicolas Klotz essaie de faire percevoir au spectateur la richesse et le mystère de la culture orientale. Tourné à Calcutta, en scope couleur, le film joue sur l’envoûtement chaleur du pays. de ses couleurs, ses traditions, sa musique. A l’image du héros, le spectateur se sent prêt à fondre dans le décor dont il n’arrive pas à épuiser les richesses. Au premier degré, « La nuit bengali » est une magnifique histoire d’amour, ce qui n’est déjà pas si mal. Au second, c’est la constatation de l’épuisement de la société occidentale face à un Orient magique et parfois inquiétant. En attendant de pouvoir un jour pénétrer en profondeur dans cet univers, Klotz se met à son écoute. Il le fait avec un sens de la mise en scène très aigu et obtient ce qui manque à tant d’autres films la fascination…

No Comments »

20 août

Aux frontières de l’aube

Posted in Mes écrits on 20.08.14

Aux frontières de l'aube Dans cette petite ville de l’Oklahoma, un jeune homme tombe sous le charme d’une jolie donzelle qui le supplie de la raccompagner avant que l’aube n’arrive. Le fatal baiser devient une fatale morsure qui conduit le pauvre bougre dans le monde de la nuit où il faut tuer et boire le sang de ses victimes pour survivre. Plus facile à dire qu’a faire lorsqu’on est un honnête garçon et que l’on doit subir la pression d’une bande de vampires « modernes » plus tordus les uns que les autres. Kathryn Bigelow, qui a réalisé « The loveless » en 1981 et a écrit plus de 900 scénarios pour le cinéma et la TV, nous entraîne dans un univers glauque et violent à souhait. Même si l’histoire semble un peu bancale par moments, la mise en scène est très efficace et les acteurs excellents (Ah, cette scène dans le bar !). Si « Aux frontières de l’aube » (Neer dark) a été sélectionné lors du dernier Festival d’Avoriaz, il a surtout obtenu le grand prix (Licorne d’or) et le prix d’interprétation féminine (Jenny Wright) au 17. Festival international du film fantastique au Rex. Autrement dit, sans être vraiment gore (Bah ! c’est dégueulasse), ce film saigne bien, comme on dit. Petites natures, s’abstenir…

No Comments »

09 août

A bout de course

Posted in Mes écrits on 09.08.14

A bout de course Sidney Lumet s’y connaît en matière de thrillers. « A bout de course » démarre en trombe. Un adolescent rentre chez lui après le base-ball, il remarque une voiture en planque, aussitôt il file, récupère son jeune frère, rejoint ses parents et la famille s’enfuit, échappant une fois de plus aux limiers du FBI Gangsters ? Non, militants révolutionnaires. A l’époque de la guerre du Vietnam, Annie et Arthur ont organisé un attentat contre une usine de napalm ; l’opération ayant mal tourné, ils vivent encore, quinze ans après, en clandestins. Leurs deux fils doivent s’accoutumer à changer de vie et d’identité à tout bout de champ. C’est le sujet de «A bout de course ». Le jour vient où l’aîné, Danny, dix-sept ans, ne supporte plus cette existence rocambolesque. Il voudrait faire des études normales, et surtout il a rencontré Lorna, la fille de son prof de musique. En outre, il est hyperdoué pour le piano. Voila un sujet original, levant le voile sur une réalité américaine qu’ on ne connaissait pas (chez nous il y a eu beaucoup d’amnisties…), avec de jolie scènes, comme celle où la famille se met à danser sur un tube dont tous connaissent la parole par cœur. Dans le rôle de Danny, River Phoenix (qui fut vedette de « stand by me » et de « Mosquito coast ») à une incontestable autorité.

Pelle de conquérant

Pelle de conquérantA la fin du siècle dernier, Pelle, neuf ans, et son vieux père, Lasse, quittent la Suède dans l’espoir de trouver une terre promise. Le Danemark, qui les accueille, est loin d’être cette terre là. Exilés comme vachers dans une ferme perdue en pleine nature, l’homme et l’enfant apprendront à survivre. Pour Lasse, c’est le bout du voyage. Pelle, lui, partira conquérir le monde. « L’histoire de Pelle est universelle et intemporelle, dit son réalisateur Bille August. Ni œuvre sociale, ni tableau misérabiliste, le film traite essentiellement de la foi en l’homme. » August a choisi de donner à son récit intimiste l’ampleur d’une fresque. Il a su rendre le rythme des saisons à travers le rythme du cœur humain. Ce qui devient peu à peu déchirant, c’est le sentiment du temps qui passe, avec les espoirs déçus, les rêves brisés, mais aussi l’avenir toujours, quelque part, à portée de la main. Dans le rôle de Lasse, Max Von Sydow est d’une profonde humanité. Face à lui, le jeune Pelle Hvenegaard pose sur le spectateur un regard interrogateur : était-ce là votre vie ? Cela valait bien une Palme d’or à Cannes.

No Comments »

26 juil

Pascali’s Island

Posted in Mes écrits on 26.07.14

Pascali’s Island1908. L’empire ottoman n’en a plus pour longtemps : il va s’effondrer avec la guerre de 14-18. Mais pour l’instant, il occupe encore quelques territoires grecs, comme cette petite île de la mer Egée où vit Basil Pascali. Vingt ans plus tôt, Pascali a été chargé par la police secrète turque de surveiller les allées et venues sur cette île. Il a pris sa tâche à cœur, écrivant régulièrement des rapports et les expédiant à Constantinople, à son sultan bien-aimé. Mais au fil des années, on a oublié Pascali, même s’il continue de recevoir ses émoluments. Sa mission est tellement secrète que personne n’est plus au courant. Quant à ses rapports confidentiels, personne ne les a sans doute jamais lus. Mais Pascali veut l’ignorer. Il veille sur  » son » île. Et lorsque débarque un Anglais qui se livre au trafic d’objets d’arts, il consigne tout de sa fine écriture. Dans le rôle de Pascali, Ben Kingsley est encore plus turc qu’il n’était indien dans le rôle de Gandhi, et ce n’est pas peu dire. L’action n’est pas trépidante, sur cette fameuse île. C’est plutôt l’ambiance « Désert des Tartares ». Absurdité d’une vie consacrée à une bureaucratie dérisoire, au culte de valeurs qui n’existent plus. Viennent se greffer là-dessus une intrigue semi-policière, et une idylle avec l’attachante Helen Mirren. C’est quand même la performance de Ben Kingsley qui compte plus que tout le reste.

No Comments »