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26 fév

Johnny belle gueule

Posted in Mes écrits on 26.02.15

Johnny belle gueuleJohnny Handsome (c’est-à-dire «Johnny belle gueule»), est un être sensible, d’une laideur monstrueuse. C’est aussi un as de la cambriole. Il organise un casse qui tourne très rapidement au massacre. En prison, Johnny se voit offrir un nouveau visage par un chirurgien. Une nouvelle vie s’ouvre à lui. Mais Johnny pourra-t-il oublier ceux qui l’ont trahi et renoncer à sa vengeance? Cet argument original est dû à John Godey (l’auteur des «Pirates du métro»), et Walter Hill était tout désigné pour tourner ce polar qui, bien que prenant des allures de fable, commence et se termine de façon plutôt musclée. Mickey Rourke fait une formidable composition et se montre plus sobre qu’à son habitude. Alors, un chef-d’œuvre? Hélas, non! Au milieu, Walter Hill s’endort et laisse son récit prendre un rythme de berceuse. Dommage ! Car le début et la fin sont vraiment très efficaces.

Les Indians

Les IndiansDepuis 1954, l’équipe de base-ball des Indiens de Cleveland n’a pas remporté la moindre coupe et les gradins du stade sont de plus en pus déserts. Pour arranger le tout, le propriétaire du club vient de mourir et l’a légué à sa veuve, une ancienne danseuse qui ne rêve que d’une chose que les Indiens finissent bons derniers afin qu’elle puisse s’installer à Miami. Pour atteindre son démoniaque objectif, elle engage les pires joueurs disponibles. II y a un réceptionneur qui souffre des genoux (Tom Berenger), un débutant au lancer meurtrier qui sort ce prison (Charlie Sheen), un play-boy qui plonge en protégeant son visage car il tourne dans des spots TV (Corbin Bernsen), un black fonceur et frimeur qui danse en tapant dans la balle (Wesley Snipes — une découverte) et un adepte des pratiques vaudou qui n’hésite pas à sacrifier un poulet dans son armoire de vestiaire (Dennis Haysbert). Tous ces branquignoles n’ont qu’une chance de s’en sortir sur le terrain et… dans la vie : gagner. Après «Le meilleur», «Duo à trois» et «Jusqu’au bout du rêve», ce quatrième film sur le base-ball, qui nous arrive des États-Unis. a pour principal atout, un humour qui décoiffe et fait souvent mouche. Le scénario est classique, mais les acteurs sauvent très honorablement les meubles. Du bon divertissement, simple et efficace. Même si l’on ne comprend strictement rien au base-ball…

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15 fév

Great balls of fire

Posted in Mes écrits on 15.02.15

Great Balls of FireIl y avait au moins deux raisons d’attendre ce film avec impatience. D’abord, si Buddy Holly et Elvis Presley ont eu leur film-biographie, pourquoi pas Jerry Lee Lewis, je vous le demande ? Ensuite, parce qu’on sait que Jim McBride est sérieusement allumé (remember «The bigeasy») la rencontre entre les deux devait faire des étincelles, que dis-je, d’énormes boules de feu! Titre magnifique, justifié par la scène où le rocker merle feu à son piano… Dennis Quaid, tignasse blonde et accent sudiste, est génial dans ce rôle, pour lequel Lewis lui-même lui a appris à jouer du piano. Ceci commence donc en classique «true story». Passionné de musique, Jerry Lee débarque à Memphis et devient le nouveau poulain de Sam Phillips, le patron de Sun Records, tout heureux de trouver un remplaçant à Elvis. Triomphe immédiat, tube et hit-parade, tournées.., et patatras ! La révélation naïve de ses noces avec sa cousine Myra, treize ans, et c’est la catastrophe dont il ne se remettra jamais. A cette Amérique qui brûlera bientôt les disques des insolents Beatles, il faut un bon garçon, respectueux de l’ordre et de la morale, un Elvis. Et puis les sermons du prêcheur réac Jimmy Swaggan, dont on apprend ici qu’il est le cousin de Jerry Lee! Tout le film est d’ailleurs un parallèle entre ces cousins ennemis, qui se termine sur une note optimiste Jerry Lee est bel et bien irrécupérable.

Une saison blanche et sèche

Une saison blanche et sècheL’Afrique du Sud. L’apartheid. La première réaction est de se dire qu’on a déjà fait le tour de la question. Après «Un monde à part», que dire de plus? C’était compter sans Euzhan Palcy, la réalisatrice de l’émouvant «Rue Cases-Nègres», sans sa sincérité brûlante. Sans Donald Sutherland, en professeur bien-pensant qui va prendre conscience de l’insupportable injustice qui l’entoure. Sans Marion Brando composant un numéro d’avocat pachydermique, revenu de tout, égal à Orson Welles ou à Charles Laughton. Et puis on a beau lire les journaux, regarder les reportages, savoir ce qui se passe là-bas… avec «Une saison blanche .et sèche», on a soudain l’impression d’y être. Tel est le pouvoir du cinéma. Cet être-là, en 1976, on manifeste à Soweto. Les écoliers noirs se font massacrer par la police, les arrestations arbitraires et les tortures se multiplient. Benjamin Du Toit (Sutherland), un Afrikaner bien élevé, vivant dans le confort, découvre, à travers les malheurs de son jardinier indigène, toutes ces atrocités. Le processus est prévisible : d’abord incrédule, il se range par idéalisme du côté des persécutés, se coupant peu à peu des siens, de ses amis et de sa famille, effrayés par cet itinéraire suicidaire dans un pays où les Blancs se considèrent en état de guerre. Seul, son jeune fils le suivra : c’est la note d’espoir d’un film dur, remarquablement maîtrisé d’un bout à l’autre.

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24 jan

Dernière sortie pour Brooklyn

Posted in Mes écrits on 24.01.15

Dernière sortie pour BrooklynGeorgie dit Georgette, à mi-chemin entre le travelo barjo et le junkie à vie ; Tralala la pute, vénale et paumée à souhait, Harry Black, meneur de grève qui préfère la croupe des garçons à celle de sa femme : sortis tout droit du best-seller d’Hubert Selby publié il y a plus de vingt-cinq ans, ils sont au centre de l’adaptation cinématographique qui nous est ici proposée. Hélas, comme dans de si nombreuses transpositions de récits cultes, l’auteur — et surtout le spectateur — est loin d’y trouver son compte. Structure narrative et montage vacillants, mise en scène dépourvue de toute originalité, clichés se bousculant au portillon (certaines répliques frisent le ridicule), peu de choses restent à sauver dans cette entreprise a priori intéressante. D’un récit où le glauque côtoyait étroitement (et habilement) le sublime, le réalisateur en a tiré un film d’où ne ressort que le côté sordide et désincarné des personnages. L’émotion a disparu en chemin, l’intérêt éprouvé par le spectateur aussi…

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant

Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amantUn voleur violent, grossier et mégalomane fréquente régulièrement le restaurant qu’il s’est offert, en compagnie de sa femme et de ses hommes de main. A sa tête, un cuisinier français qui, fort de son talent et de sa roublardise, échappe avec intelligence aux foudres de son -, patron. Il devient même le complice de la femme du voleur qui rejoint à la moindre occasion son amant, un homme doux et cultivé rencontré dans… les toilettes du fameux restaurant. Ce résumé, quelque peu simpliste, n’est que la base d’une histoire tour à tour dérangeante, envoûtante, surprenante, avec, pour objet central, le corps humain violent et érotique qui dévore, rote, urine, copule, vomit et saigne. Si Greenaway fait référence aux tragédies classiques, son film nous rappelle, par son outrance et sa philosophie du jusqu’au-boutisme à la fois destructrice et salvatrice, les maîtres italiens comme Fellini, Pasolini et Ferreri. Il faut saluer l’exceptionnelle prestation des comédiens qui évoluent dans un décor et dans des costumes (signés Jean-Paul Gaultier) fantastiques, dans tous les sens du terme. On pourrait vous parler longuement de ce film très fort et très particulier (voir interview de Richard Bohringer), comme vous le ferez sûrement après l’avoir vu. Vite, très vite…

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14 jan

Photo et vidéo :l’union

Posted in Mes écrits on 14.01.15

Le Siti (Salon international des techniques de l’image) a eu lieu du 29 septembre au 4 octobre dernier, à Paris. Les Japonais étaient venus en nombre, à la différence des fabricants européen, curieusement absents de cette manifestation qui, pourtant, a fait la part belle à la vidéo. Les principales révélations de ce salon furent donc à mettre au compte des constructeurs nippons, à commencer par Canon qui annonça la sortie (fin novembre) du premier appareil de photo magnétique commercialisé en France, le Ion. Il utilise une disquette et prend 50 vues effaçables. Ces images fixes sont lues sur l’écran d’un téléviseur Pal/Sécam (l’appareil étant au standard Pal) par l’intermédiaire d’une simple connexion péritel. Le Ion offre quelques fonctions intéressantes telles que la prise de vue en rafale (3 images/seconde) et le flash intégré. Proposé à 5 900 francs, son prix reste abordable. Canon exposait aussi le Canonvision Al HI, la version 8 mm Hi-Band de l’Al sorti en juin dernier. Si les principales caractéristiques demeurent inchangées (zoom x 10, luminosité minimale de 7 lux, etc.), l’amélioration apportée par le Hi-Band assure une restitution des images supérieure à 400 points/ligne. L’appareil sera disponible à partir de fin novembre, au prix de 17 500 francs. Le 8 mm Hi-Band était également à l’honneur sur le stand Sony avec le CCD-V 900 qui utilise un CCD 2/3 de pouce et dispose d’un zoom x 8 et de 6 vitesses d’obturation rapide dont une au 1/4000 de seconde). Dans un autre style, le CCD TR 55 est le plus petit caméscope du monde, il ne pèse que 790 g, mais n’a rien à envier aux modèles plus volumineux puisqu’il est équipé d’un zoom x 6, d’une fonction titrage en surimpression et de plusieurs vitesses d’obturation (jusqu’à 1/4000). Le prix de cette petite merveille devrait se situer entre 12 000 et 13 000 francs. Presque aussi petit, le Combo EV DT1B est un ensemble magnétoscope 8 mm Pal/Sécam et téléviseur Black Trinitron 15 cm. Sony a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer la commercialisation prochaine de quelques cassettes 8 mm (une dizaine) éditées par Warner. Mais Sony n’est pas le seul fabricant à développer ce concept de la miniaturisation vidéo. On retrouvait, en effet, chez Hitachi, le VTL L 50 EM, un ensemble portable alliant un scope VHS et un écran LCD. Le VTL L 50 EM pèse environ 3,4 kg et sera commercialisé au printemps 90. Un nouveau Super VHS-C est désormais disponible, il s’agit du VMS 83 E avec zoom x 8, sensibilité mini de 5 lux, obturateur à 6 vitesses, son hifi stéréo, titreur intégré, insertion vidéo, doublage son, etc. Hitachi faisait aussi la démonstration d’un TV projecteur couleur géant (107 cm), le C 42 PX 1, qui utilise un tube asphérique courbe et des lentilles hybrides surdimensionnées pour obtenir une meilleure luminosité. Cet écran particulièrement impressionnant, déjà commercialisé au Japon, ne le sera pas en France avant 1991. Même échéance pour le caméscope S-VHS NV-M 10000 de Panasonic qui utilise un double capteur CCD afin de séparer le traitement de la luminance et de la chrominance. En revanche, le magnétoscope portable VHS, avec écran à cristaux liquides incorporé, devrait être introduit sur le marché français dès le printemps prochain. Alors que Panasonic commercialisé, depuis quelques mois, deux caméscopes S-VHS, il manquait encore à la marque un magnétoscope S-VHS. Le «retard» est désormais comblé avec l’arrivée du NV-FS100 (S-VHS, Pal/Sécam).Ce modèle haut de gamme bénéficie du son hifi stéréo, adopte la programmation par codes-barres, possède une fonction-« Shuttle » sur la télécommande et sur l’appareil afin d’effectuer une recherche précise d’une image donnée. Disponible en novembre, le NV-FS100 est proposé aux alentours de 14 900 francs. Sur le stand JVC, la vedette était sans conteste le GR-S 707, un caméscope S-VHS-C qui se distingue d’abord par un look pro. C’est, en effet, le premier modèle S-VHS-C décliné en version épaule. Le GR-S 707 possède toutes les caractéristiques d’un appareil haut de gamme : à commencer par un zoom x 8, un capteur CCD haute résolution (420 000 pixels), un enregistrement en hifi stéréo, un obturateur à vitesses multiples, tous les automatismes, doublage audio, etc. L’appareil semble promis à un bel avenir. Si l’on se réfère à ce salon, le marché de la vidéo grand public paraît plus que jamais dominé par les industriels nippons. Les récentes évolutions (Super- VHS et 8 mm Hi-Band) ne vont pas tarder à se généraliser, tandis que les appareils sont amenés à se miniaturiser de plus en plus. La photo magnétique participe à cette tendance. L’équipement se fait plus petit, plus léger et la vidéo devient interactive et conviviale. Nous espérons retrouver tous ces appareils et beaucoup d’autres lors du prochain Festival du son et de l’image, prévu en mars 90, les fabricants européens ayant déjà donné leur accord.

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27 déc

La victoire en rêvant

Posted in Mes écrits on 27.12.14

TENNIS ArchivesTennis, survêtement, serviette en écharpe et canette de bio-light hyper vitaminé à la main, Marcelle champion pénètre sur le terrain de ses prochains exploits. Quelques assouplissements, deux-trois étirements et le voilà fin prêt pour affronter les plus redoutables adversaires. Face à lui, Yannick Noah prépare un de ces servi-ces-boulets de canon dont il a le secret. Marcel n’a pas le temps de réagir. Noah lève les bras, il vient de remporter son premier tournoi de Roland-Garros. Exténué, Marcel se dirige vers le filet, tend la main à son heureux vainqueur et… fait s’éjecter la cassette du magnétoscope. Quel match! Il retourne à son monstrueux plateau-repas, échange son bio-light contre une bonne bière et s’installe confortablement dans son canapé. Comme nombre de ses contemporains, Marcel a choisi depuis longtemps d’être un sportif… de salon. Depuis de nombreux mois, les éditeurs vidéo lui donnent l’occasion de passer de fantastiques soirées. La vidéo sportive sort, en effet, de longues années de léthargie pendant lesquelles seules quelques sociétés comme Alpa ou, à un degré moindre, New’s Vidéo Films ont appliqué une politique suivie de sorties. Pourtant, au début de années 80, le marché naissant fournissait aux amateurs du genre une soixantaine de programmes proposés, pour la plupart il est vrai, à la vente. Parmi ceux-ci, on peut retenir quelques petites merveilles telles que « Bjôrn Borg-Leçon de tennis» (Ciné Vidéo Films), «Coupe du monde de football 1930-1982» (RCV), «bix ans de grands prix de Formule 1» (ThornEmi) ou «Les grandes heures des 24 Heures du Mans» (GCR).. La prédominance du système locatif (voir dossier par ailleurs) jusqu’en 1988 a freiné le développement d’une catégorie de programmes, dite hors films, promise aujourd’hui à un grand avenir. En ce qui concerne le sport, on peut relever quatre types de programmes susceptibles de séduire l’ensemble de la populationvidéophile. Avant d’entrer dans les méandres de cette production, il faut prévenir le client acariâtre, le rabat-joie de base et le pinailleur impénitent que nous n’allons pas faire une liste exhaustive de tous les produits existants (il y en a beaucoup qui ne sont plus distribués), mais plutôt le tour d’ensemble des nouveautés disponibles actuellement dans les rayons des vidéoclubs et autres grandes surfaces. Que les oubliés nous pardonnent bien vite, MTT se chargera désormais, chaque mois, de traiter en détail les nouvelles cassettes. Bon, assez de blabla! Mettons immédiatement nos chaussures à crampons pour fouler le terrain des grandes rétrospectives. C’est une des qualités majeures de notre média que de pouvoir proposer ces cassettes regroupant les meilleurs… les plus beaux… ou les grands moments de… avec des images d’archives souvent exceptionnelles. Bien sûr, le football se taille la part du lion. Citons ainsi l’excellent «Les plus beaux buts du monde» (141 buts des Coupes du monde de 1966 à 1986 — Virgin Vidéo), «Les plus grands joueurs du monde» (de Di Stefano à Maradona en passant par Cruyff, Pelé ou Platini ; du grand spectacle! — Virgin Vidéo), «Pelé, l’homme aux mille buts» (Vidéo-films), «Mundial» (les plus beaux buts des Coupes du monde 1978, 1982 et 1986; très moyen — Fil à Film), «Juventus de Turin-Une équipe légendaire» (toute l’histoire dé ce fabuleux club et de ses meilleurs joueurs, de Sivari à Zavarov en passant, bien sûr, par Platini — Proserpine) et, enfin, «Histoire de la Coupe du monde» (de 1930 à 1986, une rétro pleine d’images inédites; un bijou — Alpa). Au milieu de ce festival de buts, de stars et d’actions superbes, signalons la sortie d’une cassette qui montre les footballeurs sous un bien mauvais jour. Il s’agit de «Carton rouge» (Virgin Vidéo), une série d’images-chocs tirées des récentes Coupes du monde où les joueurs sont parfois victimes, parfois coupables… Cette violence est inhérente à l’autre football, celui pratiqué par nos amis d’outre-Atlantique. Depuis plusieurs années, une équipe de cinéastes a parcouru tous les terrains pour nous proposer «Bloopers-American football» (Cinéma Vidéo Conseil) OU une rétrospective des moments les plus drôles et les plus spectaculaires de ce sport qui commence à connaître un bon succès dans notre pays. Toutes les stars du football US (héros légendaires aux Etats-Unis) ont droit à leur cassette avec «Le football américain-Les plus grands joueurs» (Proserpine). L’automobile est un autre grand domaine où l’on peut puiser dans le réservoir d’images d’archives et concocter quelques programmes alléchants. Pour preuve, le superbe «Enzo Ferrari» (portrait très soigné de la légende faite homme — Cinéma Vidéo Conseil), «Niki Lauda» (la carrière du triple champion du monde de F1 — Fil à Film), «Alain Prost champion du monde» (portrait et rétro de l’année où le grand pilote français devient le numéro un de la planète — Hachette/Film Office), «La fabuleuse histoire de Ferrari de 1925 à 1987» (Fil à Film) et «La fabuleuse histoire du Paris-Alger-Dakar 1978-1988» (Fil à Film). D’autres sports ont, bien sûr, les honneurs des rétros-vidéo, et l’on peut citer ici des programmes remarquables comme «La fabuleuse histoire du Tour de France» (Fil à Film) et, surtout, «Cent ans de rugby en France» (huit cassettes conçues par RogerDries et l’Ina difficiles à trouver mais dont un best of vient de sortir chez Virgin Vidéo). Pour en terminer avec cette première catégorie, signalons l’initiative de Proserpine qui propose «Le golf», «Le tennis» et «Auto racing», trois films dits historiques, remplis d’images-chocs. Parallèlement, l’éditeur commercialise quatre cassettes-portraits sur les champions d’exception que sont Jimmy Connors, Bjôrn Borg, Arnold Palmer et Joe Frazier. Hélas, mille fois hélas. Proserpine a cru bon de doubler (très mal) la voix de toutes les stars interviewées dans ces cassettes. Débile et scandaleux. Ce n’est pas le cas de ce qui pourrait ouvrir notre deuxième dossier — les grands événements —,la fameuse cassette «Platini, une légende». Lancé début 1989 par Cinéma Vidéo Conseil, ce film se consacre presque uniquement au mémorable jubilé qui regroupait, en mai 1988, les plus grands joueurs de la planète. C’est un beau document certes, mais il ne retrace en rien la carrière du plus grand footballeur français de tous les temps. Ironie du sort, Canal + Vidéo vient d’annoncer la sortie du même jubilé Platini, réalisé par Adolphe Drhey, maître ès caméra. Patientons donc pour visionner un jour une cassette sur l’ensemble des œuvre de l’artiste du ballon rond et dégustons en attendant l’«Euro 84» (Film Office), le «Mexico 86» (Fil à Film) et «Le Championnat d’Europe 88» (Virgin Vidéo). Autre grande manifestation sportivo-médiatique, les Jeux Olympiques n’ont été que très peu couverts et seul Virgin Vidéo nous permet de revivre les «Olympicgames 88» (Ben Johnson, Flo-Jo, Carl Lewis et les autres), ainsi qu’une sous-partie de ceux-ci avec «Les Jeux Olympiques-Gymnastique». Au rayon grands rendez-vous, nous pouvons évoquer, dans le désordre, «La Coupe du monde de rugby 87» (assez mauvais — Fil à Film), «Le combat du siècle Hagler-Leonard» (Cinéma Vidéo Conseil), les nouvelles cassettes sur le golf éditées par Echo («Nick Faldo», «British open 89», «Masters 89» et «British open féminin 89»), «Wimbledon 88» (Cinéma Vidéo Conseil), «Roland-Garros 89» (Echo/Film Office), «Le Tour de France 89» (Antenne 2 Vidéo — à venir), «Motocross-Championnats du monde 86 et 87» (Alpa), «Le British open de golf 85» (Cinéma Vidéo Conseil) et encore toute une série de programmes du même type sur la moto, les off-shores, la boxe française et les rallyes, proposée par le prolixe Cinéma Vidéo Conseil. La troisième catégorie de productions regroupe tout ce qui concerne l’apprentissage du sport. De nombreuses personnalités se sont prêtées, dans les années 80, à cette pratique, initiant les néophytes au tennis ou au golf, donnant des conseils pour marquer des buts ou tirer un coup franc. Aujourd’hui, Virgin Vidéo propose une collection de six cassettes pour progresser au tennis, avec Jimmy Connors, Hanna Mandlikova, Guillermo Vilas, Chris Evert-Lloyd, Yannick Noah, Martina Navratilova, John McEnroe, Ivan Lendl et VitasGerulaitis. A partir d’images enregistrées à Roland-Garros, un technicien étudie les coups et tente de les faire comprendre au spectateur. Intéressant. Dans la même optique, Antenne 2 commercialisé sa première cassette, «Découverte du golf», qui permet, grâce à Patrick Cros et Jean-Louis Calméjane, d’apprendre les bases puis les coups difficiles de ce sport en pleine expansion dans l’hexagone. Le dernier volet de ce tour d’ensemble des stades concerne ce que l’on regroupera sous l’appellation Loisirs-exploits-magazines. Dans ce domaine, chaque éditeur y va de son programme de surf, de ski, d’alpinisme, de crashes en voiture, d’aérobic et autres sports insolites venus des quatre coins du globe. Mettons l’accent sur les efforts constants faits par Alpa, qui propose au moins une centaine de produits de ce type, plus passionnants les uns que les autres. Signalons, par exemple, «Karaté», «Blownaway» avec RobbyNaish, la série des «Fun odyssey», qui donnent l’occasion d’un grand spectacle au Zénith chaque année, et la série «Havoc», qui regroupe des centaines d’accidents automobiles qui se sont produits dans diverses compétitions. Du grand frisson. Cinéma Vidéo Conseil suit cette voie avec «Kracks», mais commercialise aussi une série devenue très fameuse pour les spécialistes, «Autovidéo». Dix programmes sont déjà disponibles dans cette collection qui fait appel aux plus grands pilotes pour commenter des images de rallyes, de stock-cars, des épreuves d’endurance, comme de la Formule 1. Comme Alpa, Cinéma Vidéo Conseil propose également une myriade de productions où cohabitent évasion et aventure. Pour conclure sur ce chapitre, il faut retenir le «Multi-glisse» et le «Best of adventure» (les meilleurs reportages de l’émission diffusée sur M6 et présentée par Christopher Reeve-Superman) chez Virgin Vidéo, le «Festival de films de ski» chez Fil à Film, «Le risque d’aimer le risque» (GCR) et «Profession cascadeur» (Proserpine) pour honorer ces fêlés qui animent avec brio les films d’action. Mais tiens, voilà que réapparaît notre ami Marcel. Tennis, survêtement, serviette en écharpe et canette de bio-light hyper vitaminé à la main, il pénètre sur le terrain de ses nouveaux exploits. Quelques assouplissements, deux-trois étirements et il peut affronter ses redoutables adversaires. Mais tout déraille : un perchiste casse sa perche et s’écroule, un boxeur tape sur l’arbitre et un lanceur de poids envoie son engin sur un concurrent voisin. Marcel écarquille les yeux, regarde le boîtier qu’il tient dans la main. C’est tout simplement «Le bêtisier du sport» (disponible dans quelques semaines — Virgin Vidéo) que lui a refilé un journaliste de MTT. Marcel s’écroule sur son canapé et rit aux éclats, tous muscles «déployés». C’est génial, le sport, non ?

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14 déc

Les erreurs des uns et les erreurs des autres

Posted in Mes écrits on 14.12.14

Si le gouvernement entreprend de détruire la vidéo, la profession accumule également les erreurs. Ayant vécu dans le faste, les éditeurs maîtrisent mal leur marché. Lors du Vidcom, le salon de la vidéocommunication qui se déroule à Cannes, le luxe s’étale sur les stands, aux tables ouvertes dans les palaces de la Croisette, dans de superbes spectacles et de grandioses réceptions. Au niveau des achats de droits, il se trouve toujours quelqu’un prêt à surenchérir sur le voisin. Mais avec des calculs d’amortissement basés sur des hypothèses sur-optimistes, le moindre ralentissement de marché provoquera de douloureuses chutes. Plusieurs éditeurs indépendants vont en faire l’amère expérience_ Un fils de grands bourgeois, qui, sillonnant Paris au volant de sa Rolls Royce, a créé un catalogue de films français à coups de millions de francs, va ainsi constater, terrible surprise, qu’il faut gagner au moins autant d’argent qu’on en dépense pour faire vivre une société. Un habile commerçant venu de Tahiti, qui a bâti un gros catalogue de films américains à coups de surenchères, va réaliser qu’il est imprudent de payer trop, et surtout de payer trop tôt. Grisé par les mirages du monde cinématographique, il a traité avec certains producteurs affligés d’une innocente manie : ils ne produisent pas les films qu’ils ont vendus à l’avance. Lorsqu’il abandonne le monde de la vidéo pour voguer vers d’autres aventures, il lui reste au moins quelques souvenirs : des photos de lui avec certains acteurs de films qu’il n’a jamais eus… Sur le front des vidéoclubs, on assiste à une véritable guerre des-prix, le tarif des locations quotidiennes descendant parfois jusqu’à 3 francs. Argument de cette étonnante spirale : il s’agit ainsi d’éliminer la concurrence. Puis, restant seul à occuper le terrain local, le gagnant entendra tinter son tiroir-caisse à longueur de journée, au rythme d’un flot ininterrompu de locations. Le seul tintement qui va en résulter sera le glas d’un très grand nombre de magasins. Les éditeurs reprochent ces fantaisies aux vidéoclubs, lesquels reprochent aux éditeurs leurs politiques commerciales.Vidcom Pour faire front, les éditeurs créent un syndicat. Les vidéoclubs en créent un pour faire face. D’autres éditeurs créent un autre syndicat, pour contrer le premier. Les vidéoclubs ne savent plus comment s’organiser. Retour vers le futur ? Aujourd’hui, le seul syndicat d’éditeurs est la Csea, Chambre syndicale de l’édition audiovisuelle, qui ne regroupe cependant pas la totalité de la profession, et les vidéoclubs commencent à se regrouper au sein de la .Fédération française de la vidéo. L’entente règnera-t-elle ? Difficile à dire, mais la situation de la vidéo s’éclaircit en tout cas depuis quelque temps, car un élément nouveau est intervenu : la vente de vidéocassettes préenregistrées à des prix très abordables. Toutes les sociétés pratiquent désormais la vente, et la santé du marché s’en ressent. Les chiffres de la Chambre syndicale de l’audiovisuel révèlent, pour les six premiers mois de 1989, une progression de 30,5 % par rapport au premier semestre 1988. La vente, en particulier, réélise une superbe percée, avec un chiffre d’affaires semestriel se situant entre 600 et 700 millions de francs. S’il évolue très fortement au niveau des vidéocassettes, le marché de la vidéo connaît également une avancée technologique considérable, car voici que se développent la vidéo 8 mm et le compact disc vidéo. Déjà, la vidéo 8 mm nous met à l’heure des baladeurs vidéo, à peine plus grands que le fameux Walkman audio. Le Super-VHS de JVC et le nouveau Hi 8 de Sony sont, avec une résolution de 400 lignes, certainement beaucoup plus performants que les nombreux magnétoscopes VHS traditionnels. Le compact disc vidéo, lui, va peut-être enfin conquérir un marché de techno-enthousiastes, grâce à sa superbe qualité d’image et au son hifi. Pourtant, son apparition remonte à une quinzaine d’années, et son premier lancement date du début des années 80, avec deux systèmes différents. Celui de RCA utilisait une tête de lecture, tandis que celui de Philips fonctionnait avec un rayon laser. Rapidement, ils occupaient une importante part de marché aux États-Unis. Puis le public les boudait et ils disparaissaient ; l’une des critiques -le plus souvent formulées étant ‘que le vidéodisque n’enregistrait pas. Étonnante contradiction : le magnétoscope, qui enregistre, n’avait décollé que grâce à l’apport des produits préenregistrés. Le vidéodisque, basé sur les produits préenregistrés, mourait parce qu’il n’enregistrait pas. La vidéo est vraiment en train de vivre une étonnante jeunesse. En quelques années à peine, elle aura connu toutes les vicissitudes, mené tous les combats, commis toutes les erreurs, subi tous les revers, reçu tous les coups. Mais une chose est certaine : le public l’aime. Dès lors, tous les espoirs lui sont permis.

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28 nov

Proserpine, de Sweet Savage a Camille Claudel

Posted in Mes écrits on 28.11.14

Sur le marché, c’est Proserpine qui a joué d’emblée la case de l’innovation. Après avoir distribué bon nombre de cassettes érotico-pornos, cette nouvelle société a promu, comme personne, un X totalement original, «Sweet Savage». Ce western détourné en film culte est devenu, en quelques semaines, un véritable mythe. Proserpine a toujours été, dans le domaine de la vidéo, à l’avant-garde du progrès, commettant, il est vrai, certaines erreurs de «jeunesse». Cependant, n’oublions pas que ses campagnes publicitaires sur la vidéo grand public ont servi l’ensemble de la profession, qui ne s’est d’ailleurs guère privée de s’en inspirer largement. Aujourd’hui, Proserpine continue d’être un éditeur prestigieux, avec des films comme «Camille Claudel» et «La petite voleuse»: Il est rare qu’un éditeur indépendant conserve, depuis près de die ans, une telle vitalité, MI en se renouvelant sans cesse. Saluons bien bas la performance… sommes vidéoclub, vendeur de matériel et, depuis deux ans, nous nous consacrons à la mente de vidéocassettes. L’arrivée du vidéodisque risque d’insuffler une force nouvelle au système.»

Cinéma-vidéo : l’amour vache

Si certains professionnels du cinéma ont immédiatement adhéré à l’aventure de la vidéo, d’autres se déclarent rapidement comme de farouches ennemis, entretenant ainsi une sorte de tradition cinématographique. Les gens de cinéma ont, de tout temps, attribué la baisse de fréquentation à des facteurs extérieurs. Après avoir traîné la télévision dans la boue, ils ne rechignent pas, aujourd’hui, à accepter régulièrement son argent dans le cadre d’accords de coproduction. Lorsque la vidéo se développe, elle devient le nouvel accusé : c’est elle qui leur enlève des entrées. Jamais il ne sera question d’envisager que le déclin des salles peut avoir une très simple raison : le manque de bons films. Dans le même temps, ils s’appliquent à faire monter les enchères, demandant pour les droits vidéo de leurs films des prix qui font parfois frémir.cinéma Entre le cinéma et la vidéo s’installe une sorte d’amour vache. Encaissant sa monnaie, le cinéma-gigolo passe néanmoins son temps à critiquer la vidéo, et ne se prive pas, en outre, de lui flanquer quelques trempes. Mais cela, il le fait par l’intermédiaire d’un copain très costaud : le gouvernement. Auprès de Jack Lang, alors (pour la première fois) ministre de la Culture, et de Georges Fillioud, ministre de la Communication, la vidéo devient une fille de mauvaise vie qui fait bien des misères au cinéma. Elle va donc subir une série de mesures punitives. Pas question, bien entendu, d’abaisser le taux de TVA, alors de 33 1/3% comme pour les bijoux. Mais on décide, en outre, d’instituer une redevance sur les magnétoscopes, à l’instar de celle qui existe pour la télévision. Il en résulte un curieux phénomène : beaucoup d’appareils sont payés en espèces, et déclarés aux noms de… Fillioud et Lang. Mais pour ceux qui voudraient payer à crédit, il n’est plus du tout question d’acheter. En agitant le spectre de l’invasion japonaise, des mesures protectionnistes sont mises en place, avec un contingentement des magnétoscopes. Tous les appareils doivent dès lors passer par Poitiers pour y être recensés à l’importation. Enfin, pour faire bonne mesure, on institue un délai «de protection» : les films ne pourront paraître en vidéocassettes qu’un an après leur sortie dans les salles. Une commission spéciale du CNC raccourcira éventuellement ce délai en fonction du succès obtenu par le film au cinéma. Cette réglementation, toujours en vigueur, prévoit en somme qu’un film boudé par le public peut très vite sortir en cassette, tandis qu’un gros succès, qui a fait l’essentiel de ses entrées en quelques mois, doit attendre un an. Les effets de ces mesures ne vont pas tarder à se faire sentir. «La loi Lang, dit Sergio Gobbi, a cassé une dynamique.» Déjà l’un des pionniers vacille. «En 1983, dit Yves Rousset-Rouard, les décisions politiques ou fiscales ont porté un coup terrible à l’expansion du marché et freiné la progression des éditeurs français par rapport à leurs concurrents étrangers. Les vidéoclubs ont acheté de moins en moins de cassettes. Un grand nombre d’entre eux a Connu des problèmes financiers qui se sont répercutés sur les éditeurs. C’est à cette époque que j’ai cédé la société RCV aux Éditions Mondiales, décidant de me recentrer sur mon activité principale : la production. J’ai produit, cette année-là, «Le père Noël est une ordures» avec le Splendid, qui a obtenu le succès que l’on connaît.» René Chateau, lui, est toujours présent dans la vidéo. On retiendra de cette époque qu’il a été le plus opiniâtre à mener le combat contre le délai «de protection». Producteur de l’énorme succès de Jean-Paul Belmondo, «Le marginal», il décide en effet de sortir le film en vidéo avant qu’une année se soit écoulée. Il ira jusque devant la Cour européenne pour faire valoir son droit de maîtriser comme il l’entend son propre produit.

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08 nov

Les enthousiastes de la première heure

Posted in Mes écrits on 08.11.14

Yves Rousset-RouardParmi eux, certains sont des adversaires déclarés de la vidéo, tandis que d’autres éprouvent pour cette innovation un attrait immédiat. Yves Rousset-Rouard fait partie de ceux-là. Producteur à succès, avec, entre autres, «Emmanuelle» ou «Les bronzés», il lance, dès 1979, Régie Cassette Vidéo, très vite connue sous les simples initiales RCV. «Je considérais, dit-il, la vidéo comme un marché complémentaire pour les catalogues de films existants, et comme une source de financement potentiel pour les créations à venir.» Distribuant notamment beaucoup de films français, puis les répertoires de la 20th Century Fox et de MGM, RCV réalise en 1982 un chiffre d’affaires de 210 millions de francs. René Chateau, lui, intervient à la fois dans la production et la distribution cinématographiques. Il est coproducteur des films de Jean-Paul Belmondo, alors au sommet de sa gloire. Et il a eu un coup de génie en distribuant les films de Bruce Lee, qui ont renouvelé le genre karaté-kung-fu avec le succès que l’on sait. Lorsqu’il se lance dans la vidéo, sa démarche a pour origine, déjà, une opposition avec les autorités. «La Commission de censure, explique-t-il, avait interdit «Massacre à la tronçonneuse», que je distribuais au cinéma. Pour rentrer dans mes frais, j’ai créé Hollywood Boulevard Distribution avec Michel Fabre, et j’ai sorti le film directement en vidéo.» C’était en 1979, dès les premiers frémissements du marché. «Nous n’avions, poursuit-il, en tout et pour tout, que deux titres en vidéo, «Massacre à la tronçonneuse» et «James Dean story». Nous faisions tout, et Michel livrait lui-même avec sa Jaguar !» Un peu plus tard, René Chateau Vidéo, dont la commercialisation est toujours assurée par Hollywood Boulevard, allait rapidement devenir l’une des principales composantes du marché. De tous les hommes de cinéma qui s’intéressent à la vidéo, Sergio Gobbi est sans doute le plus complet. Metteur en scène, producteur, il avait vendu les droits vidéo de ses propres films à Victor Bialek. «Je suis donc parti pour l’Italie, raconte-t-il, et à mon retour en France, j’ai commencé mon catalogue avec une cinquantaine de films. Ce qui m’intéressait, c’était de donner une seconde chance à des films qui n’avaient pas eu au cinéma le succès escompté, mais aussi de faire découvrir les grands classiques à la nouvelle génération.» Puis, partant d’un concept qui correspond à celui des grandes sociétés de cinéma, il cherche à avoir ses «salles», autrement dit une chaîne de vidéoclubs franchisés. Ce qui lui vaut parfois certaines surprises_ «Un jour, je suis abordé par un couple qui désire ouvrir un vidéoclub. La dame me montre la photo de leur magasin : c’était une boucherie !» Super Productions Vidéo crée une moquette frappée à son logo pour décorer ses bureaux et ses magasins, puis décide de décliner cette image avec des blousons, des chaises, des parapluies, des mallettes, des agendas, et même un parfum. C’est peut-être sous cette avalanche de logos que la société a fini par s’écrouler… Parmi les autres sociétés intervenues rapidement sur ce marché naissant, l’une choisit une démarche originale qui va faire école : se limiter à l’édition, en confiant la distribution à une structure extérieure. Au sein de Ciné-thèque, Marx Zerbib a constitué un imposant catalogue de grands classiques. Peu enclin à créer une équipe commerciale, il va trouver un distributeur en la personne de François Dada, alors président des disques RCA. Esprit vif, Dada comprend qu’il peut augmenter son chiffre d’affaires avec des méthodes qu’il maîtrise déjà parfaitement dans la distribution du disque. Pour distribuer Cinéthèque, il crée RCA VU déo. Plus tard, RCA Vidéo s’alliera, dans un groupement d’intérêt économique, avec Gaumont et Columbia, sous le sigle GCR. Aujourd’hui, GCR est l’une des plus importantes sociétés du marché de la vidéo, mais François Dada constate, en tirant sur sa pipe d’un air désabusé, que «depuis quatre ans, % des vidéoclubs ont fermé leurs portes», et que si les débuts de la vidéo ont été marqués par «une fête permanente», les temps ont changé car «c’est aujourd’hui chacun pour soi»… Il est retourné à ses premières amours en créant une société de production de disques. Au fil des mois, de nouvelles sociétés apparaissent. Le marché se développe. L’âge d’or s’installe. Les vidéoclubs ouvrent en série. Et parfois même en chaîne. Dans son magasin Télé France de la rue Montmartre, créé en 1955, Alain Gayout avait commencé par vendre des films en super 8, développant ensuite une activité vidéo. Puis il établit un système de franchises qui ne durera qu’un temps : «J’ai été franchiseur de vidéoclubs pendant trois-quatre ans, mais les franchisés n’ont pas toujours joué le jeu.

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26 oct

Un dilemme vidéo

Posted in Mes écrits on 26.10.14

betaC’est à la fin des années 70 qu’apparaissent simultanément deux standards grand public venus du Japon : le Bétamax de Sony et le VHS de JVC. Philips suivra un peu plus tard avec sa nouvelle création, le V2000. Ces trois standards, qui vont faire l’objet d’un combat planétaire, aujourd’hui remporté par le VHS, présentent des critères communs appareils relativement compacts, cassettes de faible encombrement et branchement sur la télévision par la prise d’antenne. Or, s’ils suscitent effectivement un certain enthousiasme chez les fans d’image et de technologies nouvelles, les magnétoscopes ont du mal à pénétrer dans les foyers français. Les utilisateurs qui trouvent un intérêt à enregistrer des programmes à la télévision pour les revoir ensuite sont peu nombreux. La fonction d’enregistrement-reproduction du magnétoscope s’avère insuffisante pour créer un marché de masse. Il faudra nourrir les magnétoscopes avec d’autres images que celles qu’ils ont eux-mêmes enregistrées. Cela, un homme en France l’a compris depuis longtemps. Exploitant un laboratoire de recherche et vendant des équipements audiovisuels sophistiqués dans son magasin de la rue du Colisée, Victor Bialek se rappelle avoir «importé le premier magnétoscope en France, il y a une trentaine d’années.» Et dès l’avènement de l’U-Matic, il crée une sorte de club privé où il loue des cassettes contenant des films. Une clientèle de personnalités fanatiques de cinéma vient y faire sa moisson d’images. Cette simple idée conviviale, reprise plus tard par de nombreux autres, fera décoller véritablement la vidéo grand public et donnera une impulsion à la vente de magnétoscopes. Ce que Victor Bialek, avec son VIP-Vidéo Club de France, a démarré en U-Matic, il va, bien sûr, le poursuivre dans les standards grand public. Mais pour lui comme pour les autres, un problème essentiel se pose : acquérir les droits vidéo de films à exploiter en vidéocassettes. Les premiers à posséder ces droits, ou à pouvoir y accéder facilement, sont évidemment les hommes de cinéma.

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14 oct

«Stallone, je vais te briser !»

Posted in Mes écrits on 14.10.14

Lorsque nous le rencontrons, Dolph Lundgren n’a pas le look du «Punisher» (sortie en salle le 25 octobre). Il est redevenu blond, rasé de près, et ne transporte pas d’arsenal avec lui. Seul point commun avec son héros : il ne reste pas en place. Il se lève au milieu d’une phrase, s’étire au milieu d’une autre, tend le bras, se déhanche, se rassoit, avale une gorgée de bière, répond à la question en se massant la nuque, etc. Cette agitation ne l’empêche pas d’être extrêmement courtois et concis dans son discours. «Je suis suédois d’origine et je suis resté en Suède jusqu’à l’âge de seize ans. J’ai fait des études de chimie et obtenu une bourse pour les États-Unis. J’y ai continué mes études pendant cinq ans et obtenu ma licence en chimie. Parallèlement, je faisais du karaté et posais comme modèle pour me faire un peu d’argent de poche. Je suivais aussi des cours dans un studio d’art dramatique de New York. La profession d’acteur m’intéressait de plus en plus, et j’ai fini par quitter la chimie».

Vous avez aussi abandonné le sport professionnel ?

Je n’ai jamais été un vrai sportif professionnel. J’aurais pu le devenir, mais je n’aimais pas assez cela. Le seul sport que je pratique encore, c’est le karaté. Pendant le tournage de «Punisher», je faisais des exercices tous les jours avec mon professeur.

La discipline sportive vous a-t-elle aidé dans votre carrière d’acteur ?

Bien sûr. L’entraînement m’a beaucoup aidé. Il m’a aussi rendu plus fort mentalement.

Après une brève apparition dans «Dangereusement vôtre», vous avez interprété l’adversaire de Sylvester Stallone dans «Roc-ky 4». Comment s’est passée la rencontre ?

Le James Bond m’a été apporté par Grace Jones, qui était alors ma femme. Pour «Rocky 4», je me suis présenté à un casting à New York. On m’a refusé sous prétexte que j’étais trop grand. J’ai alors envoyé quelques photos de moi, en boxeur, à Stallone. Trois mois après, il m’a fait passer un screen-test à Hollywood.

La préparation du film a-t-elle été difficile ?

Et comment ! Un film normal, vous le préparez trois semaines. Là, il y a eu cinq mois de préparation et d’entraînement à Los Angeles. «Rambo 2 »n’était pas encore sorti, et Stallone venait d’encaisser deux cuisants échecs avec «Staying alive» et «Rhinestone». Il était plutôt nerveux à l’époque. Il s’est donné corps et âme dans «Rocky 4».

C’était drôle de jouer un méchant aussi caricatural ?

C’était plutôt un méchant de dessin animé. Stallone a voulu que je le joue comme ça, qu’il ne montre jamais la moindre émotion. J’aurais préféré le jouer autrement.

Il y a un plan très drôle c’est quand vous dites à Stallone, juste avant le match, «Je vais te briser».

Ah, oui. Je connais cette réplique dans toutes les langues (Dolph Lundgren la récite en français, allemand, italien…).

Dans «Les maîtres de l’univers», vous étiez, au contraire, un héros pur et immaculé…

C’était le dernier film que je voulais faire. A l’époque, je désirais étaler mes dons d’acteur dramatique et «Les maîtres de l’univers», ce n’est pas du Tennessee Williams… Il a fallu que je regarde les choses d’une façon pratique : les films d’action ne sont pas si nombreux, et ce personnage était un héros. Finalement, avec le recul, je trouve le film plutôt mignon. D’ailleurs, les enfants l’ont adoré.

Que pensez-vous de votre dernier film, «Punisher» ?

C’est le premier film où je me sens à l’aise. Je n’ai pas à en avoir honte. Nous avons eu, sur le tournage, beaucoup de gens de l’équipe de «Mad Max». C’était un des avantages de tourner en Australie. En Amérique, ces gens-là auraient coûté trop cher. Ils ont trouvé un look original au film, n’ont copié personne. Le seul film qui les a peut-être influencés est «Diva» de Beineix. En Amérique, les seuls gens enthousiastes dans le métier sont ceux qui font des «arts films».

L’histoire est pourtant une classique affaire de vengeance…

C’est vrai. Mais le personnage est un ex-flic devenu un tueur psychotique. C’est un cinglé, et il n’a absolument rien d’un héros. Ça, c’est intéressant.

Est-ce qu’on vous a consulté pour l’élaboration du look de votre personnage ?

Un peu. Mais c’est la costumière de «Mad Max» qui lui a donné ce côté «plus grand que la vie» et cet aspect de motard un peu crasseux, avec des cheveux gominés et un manteau de cuir. C’est vraiment sympa de jouer les héros. Vous pouvez tuer tout le monde sans avoir à vous justifier.

Je crois que vous voulez devenir producteur…

Oui, je veux coproduire pour avoir plus de pouvoir et un droit de regard sur ce que je fais. Si vous n’êtes qu’un acteur, vous avez juste le droit de vous taire. Si vous êtes une star, c’est différent. Vous préservez votre image et pouvez, sans problème, choisir scénario et réalisateur.

Quand avez-vous tourné votre cassette de workout ?

C’est quelque chose que j’avais prévu de faire avant même mon premier film. J’avais besoin d’argent.

Des projets ?

Un film à Houston, «Darkangel». C’est un film policier avec des extra-terrestres, et j’ai une relation romantique avec une fille. C’est un beau rôle, plus sympa que ceux que j’ai tournés jusqu’à maintenant. Et puis, il y a de l’humour. C’est une sorte de «Loup-garou de Londres».

Avez-vous l’intention de devenir réalisateur vous-même ?

C’est une question vacharde. Si je réponds oui, on va dire que je suis trop ambitieux. Le fait est que je réagis souvent comme un réalisateur. C’est dans ma nature d’être le patron, de superviser les choses, de corriger le scénario. Mais se diriger soi-même est impossible. Vous devez exploser de fureur, puis, dans la minute qui suit, repasser derrière la caméra et réfléchir froidement.

Des acteurs favoris ?

Marlon Brando, Robert Mitchum, Burt Lancaster.

A cette étape de votre carrière, que désirez-vous le plus ?

Je veux juste travailler pour des gens talentueux. Je travaillerais gratis pour des gens comme Oliver Stone, Milos Forman ou Mike Nichols. Le seul fait qu’ils veuillent tourner avec moi me ferait me sentir bien dans ma peau.

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