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09 avr

Fatal beauty

Posted in Mes écrits on 09.04.14

Fatal beauty Rita Rizzoli, détective privé, nettoie les rues de Los Angeles et démantèle un réseau d’une certaine cocaïne, plus meurtrière que les autres, surnommée « fatal beauty », avec l’aide du garde du corps d’un businessman impliqué de très près dans l’affaire. La tornade noire Whoopi Goldberg est en train de suivre le même chemin que son collègue Eddie Murphy. Elle se fait écrire des rôles sur mesure destinés à mettre en valeur les diverses facettes de son talent. Ce talent est immense, rien à dire là-dessus. Mais Whoopi exploite jusqu’à la corde les ingrédients qui l’ont rendue célèbre : humour et émotion. Sauf que, cette fois, l’émotion est parachutée avec une démagogie écœurante, sous prétexte de donner de l’épaisseur « sociale et humaine » à un petit polar banal et violent. Whoopi en fait des tonnes et a, visiblement, tout le monde à ses ordres, à commencer par le metteur en scène. La soupe est encore bonne commercialement, mais elle commence à être indigeste.

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30 mar

Class 89

Posted in Mes écrits on 30.03.14

Class 89  « Class 84 », de Mark Lester, avait beaucoup surpris par son sens aigu de l’ambiguïté, une acuité quasi-androgynique de l’ambivalence des valeurs qui régissent « l’american teenaging ». Difficile de faire mieux dans le genre, et pourtant, le pari de Larry Gross, déjà ce auteur de «48 heures » et de « Streets of tire» (tous deux de Walter Hill), est presque réussi. Tout d’abord, une intrigue-silicone, conçue par strates. Jeff, appartenant à la dure bande des Cobra, tente en vain d’empêcher un crime ridicule commis par Cinco, le chef de bande et son ami. Il jette à terre son blouson de cuir, complètement désolidarisé. Un an plus tard, il continue ses études dans la high school rackettée par les Cobra. Une opération de police inopportune, l’amour de sa vie, la vengeance de Cinco, le triomphe des gentils, tout ça fait qu’on s’ennuie sans vraiment jamais bâiller. Quelques scènes réveillantes dans le blabla confusique, telle le tabassage fémino-punkiste d’une brunasse à rondeurs amoureuse du héros, ou encore le coup de poing final infligé à René Auberjonois, prédicant passéiste d’un passé sur-généré. Les maladresses du scénario, littéralement téléphoné, sont rattrapées in extremis par l’intelligence de la mise en scène et la bonne volonté des comédiens, tous parfaits. En résumé, un film à voir avec des lycéens du Cantal, parce que ces choses-là, hein, c’est quand même pas chez nous que ça arriverait…

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26 mar

Pacte avec un tueur

Posted in Mes écrits on 26.03.14

Pacte avec un tueur Un superbe scénario signé Larry Cohen (lui-même réalisateur de films comme « Le monstre est vivant » ou « Meurtres sous contrôle »). Un flic, jadis grièvement blessé dans un hold-up, a consacré à sa douloureuse aventure, un livre devenu un best-seller. En mal d’inspiration, il reçoit la visite d’un des truands qui participa jadis au hold-up, pour le compte d’un grand industriel. Aujourd’hui, l’homme de main est prêt à tout raconter. Résistant à la tentation de l’arrêter, le policier commence à recevoir sa confession. Entre les deux hommes, s’établit peu à peu un rapport de haine et d’admiration réticente. Mais le riche industriel n’est pas disposé à laisser parler son ancien homme de main. La violence monte rapidement. John Flynn a su installer un rapport, dramatiquement et psychologiquement, fort entre les deux hommes avant de plonger complètement dans l’action. On connaissait le génie tourmenté de l’acteur James Woods. Mais « Pacte avec un tueur » permet de confirmer la diversité de talent d’un comédien qu’on a trop souvent cantonné aux emplois de brutes épaisses (« Rambo » ou « Gorky park ») Brian Dennehy. Dennehy s’offre une séduisante et subtile composition dans » Pacte pour un tueur ».

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24 mar

Neige sur Beverly Hills

Posted in Mes écrits on 24.03.14

Neige sur Beverly Hills On comprend vite de quelle neige il s’agit, vu que le climat de Los Angeles n’est pas programmé pour blanchir les villas et les piscines paradisiaques de ses beaux quartiers. La poudre blanche mortelle est donc le nœud de cette histoire où des jeunes gens de bonne famille, qui avaient tout pour être heureux, la fortune, la beauté, l’intelligence, plongent dans l’enfer de la toxicomanie. Tandis que Clay est parti étudier dans une université de la côte Ouest, son meilleur ami, Julian, réalise son rêve : s’offrir un studio d’enregistrement. Leur égérie commune, Blair, se lance dans une carrière de top mode). En l’absence de Clay, Julian et elle deviennent amants et goûtent à la coke. Très vite, ils sont accros. Julian est à la merci d’un dealer, prêt à tout pour avoir sa dose. Blair lance un SOS à Clay qui rentre alors de la fac, se rend compte de l’état de ses amis et décide de les sauver. La description du milieu privilégié de Beverly Hills est évidemment le gros morceau du film de Marek Kanievska. Malheureusement, l’interprétation est quelconque, les personnages ne sont jamais attachants, et le scénario cousu de trop grosses ficelles pour «qu’on y croie. Dommage…

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22 mar

La bamba

Posted in Mes écrits on 22.03.14

La bambaCalifornie, années 50. Richard Valenzuela, seize ans, travaille à la cueillette des fruits avec sa mère. Son demi-frère, Bob, sort de prison. Fou de musique, Richard entre dans le groupe des Silhouettes, puis entame une carrière solo lorsque Bob Keene, directeur de Del Fi Records, lui fait enregistrer son premier disque sous le nom de Ritchie Valens. Alors que Bob sombre dans l’alcoolisme et la violence, Ritchie gravit les marches de la gloire et devient une star internationale en interprétant, à sa manière, un classique du folklore mexicain «La bamba ». Une carrière fulgurante, interrompue le 3 février 1959 dans un accident d’avion. Produite par Taylor Hackford (« Officier et gentleman », « Soleil de nuit »), cette biographie d’une des gloires du rock vaut avant tout par la qualité de ses interprètes et l’authenticité qui s’en dégage. Cette histoire de Chicanos ne doit rien aux Blancs et rend à un peuple exploité son rôle novateur dans la musique de rock n’ roll (la musique interprétée par Los Lobos est superbe). Les fans de rock s’y retrouveront, les autres aussi. Car «La bamba » est plus encore l’histoire d’une famille, et la relation émouvante entre deux frères qui, séparés par le destin, continuent de s’adorer.

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20 mar

ET, l’extra-terrestre

Posted in Mes écrits on 20.03.14

ET, l'extra-terrestreLaissez venir à moi les petits enfants. Je meurs et je ressuscite… Par tout un tas d’indices et de détails, le scénario d’ « E.T. », d’après une idée originale de Spielberg et rédigé par Melissa Mathison, est fortement inspiré par la vie du Christ et la Bible. Mais les grands mythes et contes sont éternels. Le grand talent de Spielberg est d’avoir modernisé la fable et construit une légende contemporaine, à la fois mélodramatique et exemplaire, sur la compréhension et la tolérance à l’égard de l’autre. Pour aimer «ET. », il faut vraiment mettre son esprit critique au vestiaire et enfiler sa naïveté d’enfant. Car, mise à plat, l’intrigue est vraiment… cucul. Mais Spielberg est un sacré conteur. Il l’avait déjà prouvé avec « Duel » ou « Rencontres du troisième type ». Dans ET, l’extra-terrestre, il impose son style lumières et brumes dans la nuit, banlieue résidentielle, pureté de l’enfance, créature « alien » à vous faire fondre de tendresse, répression du monde adulte et humour-clin d’œil (la rencontre de la petite sœur avec ET., ou la découverte des divers objets de la maison par l’extra-terrestre). « E.T. », c’est du Spielberg. On aime ou on n’aime pas. Mais on ne peut pas lui nier son originalité et son efficacité.

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20 mar

Les envoûtés

Posted in Mes écrits on 20.03.14

Les envoutésÇa faisait longtemps qu’on ne nous avait pas offert de frissons aussi jouissifs, répulsifs et bizarrement essentiels ! Que les âmes sensibles s’abstiennent parce que quelques scènes, à base d’araignées ou de sang, sont soigneusement conçues par John Schlesinger pour venir à bout des fragilités psychologiques ! En vidéo, « Les envoûtés » demande une préparation spéciale : tamiser les lumières, chasser les intrus trop bavards, se préparer une collation (les grandes émotions creusent l’appétit) et un bon whisky. « Les envoûtés » frappe sur le même registre que » La maison du Diable » ou « L’exorciste » : le frisson à l’état pur. Un brave père de famille, psychiatre de profession, dont l’épouse vient de mourir dans un stupide accident ménager, s’installe à New York, avec son fils de sept ans, pour tout oublier. Mais une enquête sur une série de meurtres, aussi étranges que sauvages, lui fait vite découvrir que, derrière les façades ultra modernes de la mégalopole quasi-futuriste, se cache un monde, à la limite du surnaturel, où le passé dans toute sa barbarie tient une place importante. Au-delà du jeu de la peur et de la description de sectes maléfiques, le réalisateur de « Macadam cow-boy » ou de « Marathon man », Anglais d’origine, s’offre une nouvelle fois une peinture sans complaisance de l’Amérique, continent et civilisation sur lesquels il porte le regard implacable de l’étranger.

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16 mar

Elmer, le remue-méninge

Posted in Mes écrits on 16.03.14

Elmer, le remue-méninge  Frank Henenlotter nous avait déjà offert « Frères de sang », film réalisé avec trois bouts de pellicule, mais débordant de drôlerie et d’invention, racontant les sanglantes mésaventures d’un brave jeune homme transportant sa fausse-couche de frère jumeau meurtrier dans un panier d’osier. Avec un budget légèrement plus copieux, « Elmer le remue-méninges » reprend le même genre de rapports de dépendance entre innocent et monstre. Un brave jeune homme reçoit un jour la visite, dans son cerveau, d’un drôle de ver qui lui fait découvrir les paradis artificiels en lui ingurgitant un liquide entre les neurones. Très vite, l’hôte humain devient dépendant de cette drogue et doit se soumettre à la volonté de son parasite qui se révèle très gourmand de cervelles humaines. Dès lors, les victimes tombent comme des mouches… Frank Henenlotter s’amuse comme un petit fou à offrir en pâture à son grand mangeur de cervelles, nommé Elmer, les personnages les plus incongrus et les plus antipathiques. Le gore devient un vrai régal grâce à l’humour. Une incongruité sur pellicule, qui vaut largement le détour !

Stepfather

StepfatherJerry Blake aime la vie de famille, mais il veut une famille qui soit « parfaite ». Si elle ne l’est pas, notre bon père, au sourire enjôleur, se met à la décimer avec une rage froide. Ayant fait table rase de son passé, il peut alors chercher une nouvelle épouse et recommencer à zéro. Mais cette fois, sa belle-fille de seize ans lui donne du fil à retordre. Sur un scénario de Donald Westlake, l’homme qui a ridiculisé la Mafia dans une dizaine de romans hilarants, le réalisateur Joseph Ruben (auteur de l’étonnant « Drearnscape ») a signé une farce sanglante et macabre dont l’adage pourrait être « Familles je vous aime et je vous hais ». Le beau-père aime en effet sa famille jusqu’à la vouloir pour lui seul et la hait assez pour la trucider à l’arme blanche. D’un air de rien, avec la complicité de Westlake, Ruben règle ses comptes avec l’image aseptisée de la famille américaine, fait un clin d’œil au Hitchcock de « L’ombre d’un doute » et joue’ de la terreur avec un art consommé. Un régal, mais à déconseiller aux cœurs sensibles.

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